Stress hydrique : de nombreux chantiers de barrages en cours

Des barrages, encore et encore

Le Maroc dispose actuellement de 146 grands barrages, d’une capacité de 18,7 MMm3, 133 petits et moyens barrages et 82 stations de traitement d’eau.

Malgré les quelques averses de pluie et les rares chutes de neige du vendredi dernier, il en faut plus pour que la situation hydrique s’améliore. Le temps est généralement stable avec ciel peu nuageux, nous disent les prévisionnistes de la météorologie qui ne semblent pas annoncer de grands changements.

La situation hydrique continue, ainsi, à se détériorer dans la plupart des régions du Maroc. Le royaume n’ estil pas le 23e État le plus menacé par les pénuries d’eau, selon le dernier rapport du World Resources Institute (WRI) qui a étudié la situation de 165 pays. Certes, les régions du Sud, plus sèches, ne sont pas les plus à risque, mais d’autres zones du territoire, notamment les plus peuplées où l’agriculture est la plus développée, sont également aujourd’hui menacées. Ce qui présente de sérieuses menaces pour les populations.

En fait, les ressources en eau sont actuellement évaluées à environ 500 m3/habitant/an, contre 2500 m3 en 1960. C’est dire que la crise est aiguë. Cette situation alarmante aura des répercussions négatives sur le court, le moyen et le long termes . Les Marocains consomment plus que ce qui est disponible, atteignant les réserves stratégiques dans les nappes phréatiques, constatent plusieurs observateurs.

Et les ressources se font de plus en plus rares. Le taux de remplissage du barrage d’Al Massira n’est qu’à 15%, le barrage Lalla Takerkoust est passé à 7%, composé de boue, et le barrage Abdelmoumen ne dispose que de 11%. Ces eaux sont consommées par l’agriculture à hauteur de 80%, puis par les activités industrielles et les ménages. C’est dire que si le ciel n’est pas clément cette année, une sérieuse crise pointe à l’horizon. Face à cette situation, les autorités publiques ne restent pas les mains croisées. Elles font tout pour atténuer la catastrophe.

Selon les dernières informations fournies par le ministère de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, de nombreux barrages sont en cours dont certains verront le jour en 2021 En effet, ces détails ont été présentés il y a quelques jours, lors de la présentation du projet de budget pour l’année 2021, qui était examiné au sein de la commission des infrastructures, des énergies, des mines et de l’environnement, le jeudi 5 octobre 2020. Selon le ministère, au 5 octobre 2020, les barrages au niveau national affichaient un taux de remplissage de 36,1%, soit des réserves totales de 5,6 MMm3 (milliards de mètres cubes), contre 45,2% (7 MMm3) durant la même période de l’année passée.

Baisse des pluies
Par ailleurs, le ministère de l’Equipement n’a pas manqué de préciser que les grands barrages du Royaume n’ont reçu, du 1er septembre 2019 au 31 août 2020, que 4,3 milliards de mètres cubes d’eau, un apport très faible. Cela s’explique principalement par la baisse des pluies enregistrées dans les différentes stations des bassins hydrauliques du pays, avec en tête le bassin d’Oum Er-Rabia (-67%). Même constat dans les bassins de Tensift (-59%), Loukkos (-50%), Bouregreg (-47%), et de Souss-Massa (-35%).

Ainsi, et pour faire face à cette situation de pénurie d’eau, le ministère prévoit, au cours de l’année prochaine, de finaliser plusieurs grands projets en cours et d’en lancer de nouveaux. Le Gouvernement ne lésine pas sur les moyens puisque plus de 17 milliards de dirhams seront engagés en 2021 pour la construction de grands barrages. Ils serviront, non seulement à terminer les travaux de construction du barrage Agdez dans la province de Zagora, et du barrage Toudgha, dans la province de Tinghir; mais aussi pour poursuivre les travaux de construction de 9 grands barrages dans les provinces de Sefrou (barrage M’dez), Khémisset (barrage Ghiss), Guelmim (barrage Fask), Laâyoune (barrage Essakia El Hamra), Chichaoua (barrage Boulaouane), Al Haouz (barrage Ait Ziyat) et Taounat (barrage Sidi Abbou);

Sans oublier le démarrage les travaux de surélévation du barrage Mohammed V dans la province de Taourirt et celui de Mokhtar Soussi dans la province de Taroudant. Il est aussi prévu de réaliser les barrages de Kodiat El Berna dans la province de Sidi Kacem, Beni Azimane dans la province de Driouech et Ratba dans la province de Taounate, dont les travaux seront lancés fin 2020. Sans oublier, également, le lancement des appels d’offres pour la réalisation des travaux de cinq autres grands barrages dans les régions de Marrakech-Safi, Souss-Massa, Beni Mellal-Khénifra et l’oriental, ainsi que la surélévation d’un barrage dans la région de Casablanca- Settat.

Et cerise sur le gâteau, dans le cadre du programme national 2020-2027 d’approvisionnement d’eau potable et d’irrigation, plusieurs petits et moyens barrages seront construits dans différentes régions du Royaume. Un budget annuel de 600 millions de dirhams sera alloué à ce projet, mené par le ministère de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, en partenariat avec les ministères de l’Intérieur et de l’Agriculture.


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