Hollande veut maintenir la déchéance des binationaux nés français

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Le choix de François Hollande de conserver dans son projet de révision constitutionnelle la déchéance de nationalité pour terrorisme des binationaux nés français, avec l'espoir de s'allier la droite qui réclamait cette mesure, a suscité la consternation à gauche. "Compromissions", "idéaux piétinés", "populisme", "infamie", les réactions se multipliaient jeudi parmi ceux qui ont porté le président socialiste français au pouvoir en 2012.


Martine Aubry, maire de Lille (nord) et figure historique du Parti socialiste, a dénoncé "une remise en cause du droit du sol" et "la suspicion" jetée "sur un grand nombre de Français", dont environ 3,5 millions sont binationaux. "A force de vouloir couper l'herbe sous le pied" à l'extrême droite qui a été la première à réclamer cette mesure, "on risque d'appliquer son programme", s'est indignée sur la radio France Inter Cécile Duflot, députée écologiste et ex-ministre de François Hollande, annonçant qu'elle voterait contre le texte. Le Parlement sera saisi début février de cette réforme annoncée par le président au lendemain des attentats du 13 novembre, et qui comprend aussi l'inscription du régime de l'état d'urgence dans la Constitution.


En maintenant dans le projet entériné mercredi par le Conseil des ministres l'extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés français (jusqu'à présent seuls les binationaux naturalisés encouraient cette peine), le président socialiste fait preuve de "cohérence", s'est de son côté félicité jeudi le quotidien de droite Le Figaro. "Il aurait été absolument désastreux qu'après un engagement aussi solennel, qu'on en pense ce que l'on veut sur le fond, le président revienne sur sa parole", a estimé le député Les Républicains (LR, droite) Henri Guaino.


L'exécutif peut espérer obtenir les voix de la droite qui réclamait cette mesure, et le soutien de l'opinion publique traumatisée par les attentats qui ont fait en novembre 130 morts à Paris. Le parti LR de l'ex-président Nicolas Sarkozy, conscient du piège qui lui est ainsi tendu, n'a pas encore fait connaître sa position.


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