Hoalid Regragui, sélectionneur national, dévoile sa première liste

Le retour des bannis

Les Lions de l’Atlas pourront donc désormais de nouveau compter sur Hakim Ziyech et même sur Younès Belhanda, absent de la sélection depuis trois ans. Globalement, le nouveau sélectionneur semble avoir voulu couper la poire en deux, en capitalisant aussi sur les acquis de l’ère Halilhodzic.

On dit qu’il ne faut pas changer une équipe qui gagne. Mais on peut, semble-t-il, toujours l’améliorer. C’est le pari qui semble, à l’évidence, être celui du président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaâ, en ayant procédé, le 11 août 2022, au limogeage du sélectionneur national Vahid Halilhodzic. Et aussi le pari du remplaçant de l’entraîneur bosnien, à savoir Hoalid Regragui.

Douze jours après son officialisation sur le banc des Lions de l’Atlas, ce dernier a mis à profit la publication de sa première liste dans l’optique des amicaux du 23 et du 27 septembre 2022 face respectivement au Chili et au Paraguay en Espagne (dans les villes de Barcelone et de Séville) pour éteindre une des principales polémiques de la dernière année de M. Halilhodzic, à savoir le rappel de Hakim Ziyech, qui n’a plus étrenné le maillot marocain depuis les deux amicaux de juin 2021 face au Ghana et au Burkina Faso. Et il a même fait plus: il a rouvert les portes du Complexe Mohammed-VI de football de la ville de Salé, où la sélection nationale tient son centre d’entraînement, à Younès Belhanda, carrément boycotté, lui, tout au long des trois ans de mandat de “coach Vahid” (suite, selon différentes sources, à l’intermédiation de l’ancien capitaine, Medhi Benatia, qui avait personnellement côtoyé M. Regragui lorsque tous deux avaient disputé les éliminatoires de la Coupe du monde de 2010 sous les couleurs du Maroc). Preuve s’il en fallait que le nouveau sélectionneur ne parlait pas en l’air lorsqu’au cours de sa conférence de présentation il avait assuré que “n’importe quel Marocain qui dispose d’un passeport vert peut prétendre à une place en sélection”. Il faut dire qu’en dépit de ses résultats globalement positifs -on passera sur le contenu, qui n’a jamais fait l’unanimité lors des grands rendez-vous comme notamment lors de l’élimination fin janvier 2022 en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) face à l’Égypte-, M. Halilhodzic donnait l’impression de priver le Maroc de certains de ses meilleurs éléments et donc de ses chances de bien performer à la Coupe du monde prévue à partir du 20 novembre 2022 au Qatar (pour son premier match, le Royaume sera opposé le 23 novembre 2022 à la Croatie, finaliste de la dernière édition).

La preuve par le résultat
Outre Ziyech et Belhanda, Noussair Mazraoui, arrière droit du club allemand du Bayern Munich, avait également été banni simplement pour avoir refusé de boire une bouteille d’eau à l’entraînement et n’avait été remis en selle que suite à l’intervention personnelle de M. Lekjaâ. De même que le milieu de terrain Amine Harit est resté quasiment absent pendant près de dix-neuf mois alors que ses performances dans les équipes où il évoluait plaidaient plutôt en sa faveur.

Ce qui a certes permis de donner de la place à des éléments comme le meneur de jeu Ilias Chair et l’attaquant Ryan Mmaee ou plus récemment l’ailier Tarik Tissoudali (qui devra malheureusement s’absenter du Mondial suite à sa blessure le 31 juillet 2022 au ligament croisé du genou alors qu’il a largement participé à la qualification) mais ce n’était toutefois pas rassurant. Ces découvertes de M. Halilhodzic n’ont pour autant pas été ignorées par M. Regragui, qui leur a accordé leur pleine place dans sa liste tout en y ajoutant des joueurs qui n’avaient jusqu’ici jamais été convoqués, à savoir Walid Cheddira, Hamza El Moussaoui et Abdelhamid Sabiri.

Dans l’ensemble, l’ancien entraîneur du Wydad semble vouloir, en tout cas pour les deux amicaux à venir, couper la poire en deux et repartir avec le groupe déjà en place en se contentant donc d’un tout léger relifting qui, de toute façon, ne pouvait être plus profond dans la mesure où la Coupe du monde approche à grands pas. Naturellement, une partie du public aura toujours à redire, notamment de l’absence qui se prolonge des attaquants Youssef El-Arabi et surtout Abderrazak Hamdallah, meilleur buteur marocain de la décennie écoulée et qui pourtant n’a disputé que 45 minutes de jeu au cours des sept dernières années et qui n’est même plus comptabilisé comme officiel (face à la Gambie en juin 2019). “On a eu une bonne discussion. Il était suspendu pour 4 mois avec son équipe. En attendait d’en savoir plus sur sa situation. Il vient de jouer un match il y a 4 ou 5 jours. Comme je l’ai dit auparavant, il y a beaucoup de joueurs que je souhaiterais voir prochainement. Il peut marquer des buts. On pourrait bien le voir dans le futur. Mais pour cette liste, nous avons de bons attaquants. Je n’ai pas souhaité apporter de grands changements,” a expliqué M. Regragui.

Mais la meilleure forme de justification reste avant tout les résultats, comme il l’a d’ailleurs toujours fait depuis qu’il a entamé sa carrière d’entraîneur, avec pour l’instant trois championnats et une Ligue des champions.