L'histoire d'un chercheur marocain gravée dans l'espace


Le cosmos porte désormais le nom d’un Marocain, Youssef Moulane, gravé à jamais sur un astéroïde.

«Je suis fier. Fier de moi-même, de mon travail et de mon pays, le Maroc» nous annonce ce jeune né en 1992 à Rhamna, dans un appel téléphonique, après la fin de la conférence sur les Astéroïdes, les Comètes et les Météorites (ACM), qui a eu lieu du 18 au 23 juin 2023 à Flagstaff, en Arizona, et où l’ACM a accordé le nom du jeune marocain à un astéroïde qui a été découvert le 30 mai 2000 à l’Observatoire Lowell. Cette masse rocheuse céleste, d’un diamètre de 18 kilomètres, porte en elle un potentiel déroutant. Source potentielle de richesses incommensurables, elle pourrait aussi déclencher un tsunami dévastateur ou anéantir des cités entières.

C’est l’éternel dilemme des astéroïdes, véritables messagers des étoiles, et c’est ce mystère que le jeune chercheur marocain a choisi d’explorer. Youssef Moulane, à l’image des étoiles qu’il étudie, a suivi une trajectoire ascendante depuis les bancs du lycée Skhour jusqu’aux échelons les plus élevés de la recherche internationale. Alors qu’il a toujours poursuivi ses études sur les bancs de l’école publique marocaine, il n’a pas hésité à profiter d’opportunités offertes par les bourses Erasmus, Erasmus Plus, ainsi que l’Observatoire Européen du Chili et l’Université de Liège, pour transcender les frontières, passant de son Maroc natal à la France, de la Belgique au Chili et puis finalement aux États-Unis au coeur de l’université d’Auburn en Alabama, où il fait ses recherches postdoctorales.


Corps célestes
En 2021, Youssef a atteint un sommet académique en décrochant le titre de docteur en Sciences de l’Université Cadi Ayyad, sous la co-tutelle d’Emmanuël Jehin et Zouhair Benkhaldoun. Sa thèse, «Surveillance de l’activité et de la composition des comètes avec les télescopes TRAPPIST», a ouvert de nouvelles voies dans la compréhension de ces énigmatiques voyageurs de l’espace. En effet, durant cinq années, Youssef a scruté les cieux avec une passion insatiable, analysant les données de 35 comètes recueillies par les télescopes robotiques TRAPPIST-Nord et TRAPPIST-Sud.

Sa contribution à la recherche a permis d’élargir notre vision de l’univers, apportant des informations précieuses sur la composition chimique des comètes et leur rôle dans l’histoire cosmique. L’astéroïde ‘Moulane’, symbole du travail acharné de Youssef, souligne également l’importance de l’étude des corps célestes pour la préservation de notre planète. «Les astéroïdes, petits objets rocheux situés principalement entre les planètes, sont comme des fossiles spatiaux qui nous aident à comprendre l’histoire du système solaire. Ils sont à l’origine de la plupart des météorites et, avec certaines de leurs orbites croisant celle de la terre, ils peuvent représenter une menace potentielle, comme celle qui pourrait avoir causé l’extinction des dinosaures il y a 65 millions d’années.

En outre, ces corps célestes pourraient un jour être exploités pour leurs ressources minières, offrant une opportunité économique et une éventuelle base pour la colonisation future du système solaire» nous explique Youssef. Guidé par son héritage marocain, Youssef envisage de retourner dans son pays pour partager et développer les connaissances acquises au cours de son voyage académique. Il voit en son histoire un exemple de ce que la science marocaine peut accomplir et aspire à contribuer à l’évolution de la science au Maroc et en Afrique.Youssef Moulane, bien plus qu’un chercheur, est un véritable pionnier de l’astronomie moderne, un homme dont le nom, gravé dans le ciel étoilé, incarne le désir de l’humanité de comprendre l’univers qui nous entoure.

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