Incapable d'apaiser le Hirak, Tebboune s'en prend au Maroc !

L'étau de la protestation populaire se resserre autour du régime Algérien

La machine de propagande du régime algérien travaille à plein régime. Le président Tebboune accuse le Maroc de chercher à “déstabiliser” son pays. Comme si l’Algérie n’était pas ébranlée par le Hirak, qui réclame le départ des symboles du pouvoir.

C’est une question simple et profonde à la fois: Que répondrait le régime algérien à un peuple qui lui conteste la légitimité et qui souffre de la précarité dans un pays riche en hydrocarbures au cas où il abandonnerait sa prétendue thèse de complot externe surtout venant de son voisin de l’ouest? Chaque fois que l’étau de la protestation populaire se resserre autour de lui, la machine de la propagande travaille à plein régime.

Un peu plus de trois semaines après les allégations du porte-parole du gouvernement algérien, Ammar Belhimer, à l’adresse du Maroc, lui reprochant de «recruter des agents» dans le monde virtuel pour attaquer l’Algérie, c’est au tour désormais du président Abdelmadjid Tebboune de faire accroire que le Royaume serait derrière des fake news pour «déstabiliser» son pays. Lundi soir 1er mars 2021, dans une interview accordée à la télévision algérienne, le président algérien a accusé le Royaume de répandre des rumeurs sur sa santé, après son hospitalisation pendant plusieurs semaines en Allemagne.

«Dieu, merci! Je suis passé par une période très critique et il y avait ceux qui répandaient des rumeurs sur mon état de santé. Mais nous savons d’où ça vient. 97% de ces fake news viennent de l’étranger. C’est surtout après que les deux pays ont repris contact. Nous avons les moyens pour connaître la source de ces sites: 98% de ces sites proviennent de nos voisins. Ils veulent diffuser ces informations en France et en Espagne mais nous suivons ces questions », a-t-il déclaré faisant allusion dans un premier temps au Maroc pour ce qui est des fake news et au Royaume et Israël qui ont repris leurs relations diplomatiques en décembre dernier.

Des fake news? D’abord, appelons les choses par leur nom. L’Algérie bouillonne et la tension sociale bat son plein. Le Hirak algérien a repris de plus belle à l’occasion de son deuxième anniversaire le 22 février 2021. Désormais, les manifestations hebdomadaires de vendredi et de mardi menées par les étudiants reviennent en force. Un des slogans répétés en choeur lors du 2e anniversaire du Hirak contre le pouvoir incarné par la junte militaire, celui-ci est le plus fort et le plus significatif: «Nous ne sommes pas venus pour l’anniversaire (du Hirak), nous sommes venus pour que vous dégagiez».

Contre la volonté populaire
C’est le témoignage d’un ras-le-bol populaire exprimé haut et fort dans la rue et qui vise un régime qui se cramponne au pouvoir, pillant les richesses d’un pays où l’écrasante majorité de la population vit la misère et est réduite au silence par une répression policière et judicaire violente. Quant à la santé du président Tebboune, ce sont les médias algériens qui ont divulgué l’information sur le coût de son hospitalisation en Allemagne, qui a duré plus de deux mois et dont les frais quotidiens frôlaient 48.000 euros. Tebboune a, d’ailleurs, tout fait pour apaiser le mouvement du Hirak.

A commencer par le remaniement ministériel partiel jusqu’à la dissolution du parlement, en passant par la libération de plus d’une trentaine de détenus d’opinion. Mais en vain. Les Algériens savent pertinemment que Tebboune et son gouvernement sont désignés par la junte militaire contre la volonté populaire. C’est pour cela qu’ils s’accrochent à leur principale et première revendication: voir partir ce régime qui emmène le pays au bord de la faillite financière et qui n’arrive pas à garantir un minimum du pouvoir d’achat ou encore le lancement effectif d’une campagne de vaccination.

Enfin, il est inconcevable d’admettre que Tebboune, qui use et abuse de la propagande et des fake news, notamment à travers son agence de presse officielle APS, persiste à vouloir détourner l’attention de l’opinion publique internationale et algérienne de ce qui se passe en interne en s’attaquant au Maroc.