Le Hirak Algérien se déplace à l'étranger

La diaspora algérienne se mobilise

Après Bruxelles et Paris, où ont eu lieu successivement, jeudi 17 et dimanche 20 février, des manifestations de la diaspora algérienne sont prévues dans plusieurs villes européennes.

Le Hirak en Algérie, mouvement de contestation politique et socio-économique inédit qui secoue depuis trois ans ce pays voisin, semble se déplacer à l’étranger. Ainsi, dimanche 20 février 2022 a eu lieu à Paris une manifestation monstre de la diaspora algérienne en France mais aussi d’Europe. Sous le mot d’ordre «Liberté, Justice et Démocratie en Algérie», des milliers de personnes, en majorité de la diaspora algérienne mais également des sympathisants du Hirak, se sont rassemblées place de la République au coeur de la capitale française.

Les manifestants ont appelé à la poursuite de la lutte pour une Algérie démocratique et à un changement radical du système. Ils ont réclamé également la libération de tous les prisonniers d’opinion. «Vive l’Algérie», «La révolution est toujours en route», «Stop à la répression », «Système dégage», «Oui au peuple, non à l’armée», sont, entre autres, les slogans au ton fort, scandés par les manifestants, qui arboraient des drapeaux algériens.

Lancé le 22 février 2019, le Hirak ne cesse de réclamer un changement radical du système politique en place en Algérie. Outre Paris et Montréal, une autre marche est annoncée dans les prochains jours à Barcelone. Jeudi 17 février 2022, une manifestation a rassemblé, au coeur du quartier européen à Bruxelles, des membres de la diaspora algérienne de toute l’Europe.

Rassemblés en face du siège du Conseil de l’Union européenne, où se tenait le Sommet Union européenne-Union africaine, les manifestants ont appelé les institutions européennes à faire pression sur le gouvernement algérien pour desserrer sa main-mise répressive sur les militants du Hirak. Ils ont également dénoncé la complicité de certains États européens avec le régime algérien dans sa dérive autoritaire.

e Hirak algérien trouve aussi un soutien non négligeable de la part des organisations internationales des droits de l’Homme. Parmi elles, l’ONG américaine Human Rights Watch, qui s’est insurgée contre l’intensification par le régime algérien de la répression contre les militants du Hirak.

HRW évoque ainsi plus de 300 activistes incarcérés dans les prisons algériennes pour des faits liés à leur participation à des manifestations pacifiques et condamnés pour des accusations sommaires. L’ONG internationale, basée à New York, relève que certains de ces militants font l’objet d’accusations de terrorisme sur la base d’une définition de ce terme si vaste que cela en devient arbitraire.

HRW précise que le nombre de ces personnes a grimpé en flèche au cours de la dernière année, alors que les autorités algériennes ont également pris pour cible des associations et des partis politiques proches du Hirak, ajoutant que la répression s’est fortement intensifiée après l’élection du président Abdelmadjid Tebboune en décembre 2019.