Hicham Sabiry: "le PJD ne peut pas dicter sa loi aux autres partis politiques"

Interview de Hicham Sabiry, député de Ksiba, région de Beni Mellal

Lors de sa réunion lundi soir, le comité exécutif du PJD a rejeté tout changement relatif au quotient électoral. Hicham Sabiry réagit.

Vous avez déclaré que le PJD est le principal bénéficiaire du quotient électoral. Estce à dire que ce mode n’est pas égalitaire?
Il faut savoir que, aux côtés du PAM, le PJD est le seul parti qui a la capacité de couvrir tout le territoire national, surtout que la proposition en discussion actuellement veut que les élections législatives et locales se tiennent le même jour. Le PJD a une certaine présence sur le terrain qui fait qu’il peut avoir «plus de forts restes» que les autres partis. Ce qui lui permet d’avoir des sièges en plus. Le quotient électoral actuel se base sur le plus fort reste de voix recueillies. C’est pour cette raison et uniquement cette raison qu’il s’oppose à toute idée de changement du mode de scrutin.

Vous êtes, en tant que PAM, pour la proposition USFP selon laquelle il faut prendre l’ensemble du corps électoral de la circonscription pour départager les sièges restants…
Avant de répondre à cette question, permettez- moi d’ajouter un deuxième élément qui pousse le PJD à vouloir maintenir le mode de scrutin actuel: Il a perdu beaucoup de sa crédibilité durant ces douze dernières années à la tête du gouvernement. Tous ses slogans de lutte contre la dilapidation des deniers publics, pour l’emploi des jeunes et l’amélioration des conditions de vie des citoyens se sont avérés vains. De la pure propagande pour gagner des sièges.

Ces slogans-là ne convainquent plus personnes. Ajouter à cela les scandales de moeurs dont plusieurs de ses dirigeants sont les héros. Il fait des mains et des pieds pour maintenir le mode du scrutin actuel, toute modification perturberait ses calculs et son mode de gestion de la campagne électorale. Maintenant, pour ce qui est de la proposition USFP, ou autre, le PAM n’en est pas partisan à 100%. Nous voulons un texte consensuel, c’était notre position lors des discussions tenues entre les partis politiques sous la supervision du ministère de l’Intérieur. Le PJD n’a rien voulu savoir, il y a donc un blocage de sa part…

Oui, mais le ministère de l’Intérieur a finalement pris le dossier en mains…
Absolument. Il y a des délais à respecter pour présenter des lois de ce genre et le ministère de l’Intérieur, voire le gouvernement, a l’obligation légale et procédurale de présenter ces textes-là. Maintenant, il va surement y avoir une mouture qui prenne en compte les remarques de tout le monde et le parlement tranchera en fin de compte… Selon les calculs faits à partir des résultats des précédentes législatives, je peux vous garantir que si le mode de scrutin change, le PJD arrivera quatrième au scrutin de 2021 derrière le PAM, le RNI et l’Istiqlal. D’ailleurs, ces derniers temps notamment, le parti islamiste s’est distingué uniquement par sa défense de la rente. Driss Azami Drissi, ancien ministre, maire de Fès et député, l’a clairement démontré mardi 13 octobre 2020 au parlement… Abdelilah Benkirane, ancien Chef du gouvernement et ancien secrétaire général du PJD, n’a pas hésité, lui non plus, à dire la même chose en d’autres termes.

Le PJD soutient qu’il ne laissera pas passer ce texte même si tout le monde s’est ligué contre lui…
D’abord, le PJD ne peut pas dicter sa loi aux autres partis. Personne ne s’est ligué contre personne. Il y a des partis politiques qui discutent des amendements à apporter à la loi électorale. Le principe de la démocratie veut que la minorité se soumette au choix de la majorité. C’est aussi simple que cela.

Ce discours de victimisation, le PJD s’en sert à tout bout de champ. Depuis qu’il existe, il n’a jamais cessé de recourir à ce discours. C’est indigne...


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