Hervé Le Tellier sacré prix Goncourt pour son roman "L'Anomalie"

IL A OBTENU 8 VOIX SUR 10

Consécration pour Hervé Le Tellier. Il a été sacré prix Goncourt cette année pour son roman L’Anomalie. Le Tellier a obtenu huit voix, contre deux pour L’Historiographe du royaume, de Maël Renouard, un des quatre finalistes. Cette récompense a été décernée par visioconférence, chaque juré étant resté chez lui. Pour les journalistes littéraires interrogés par le mensuel spécialisé Livres Hebdo, dont celui de l’AFP, Hervé Le Tellier, 63 ans, mathématicien de formation, ancien journaliste, président de l’association de l’Oulipo (ouvroir de littérature potentielle), tenait la corde pour le Goncourt, précise l’AFP.

L’Anomalie, bâti comme un savant jeu de construction et au suspense haletant, est le huitième roman de son auteur. Il raconte les suites d’un événement apparemment inexplicable, à savoir qu’un vol Paris- New York se reproduit deux fois, avec les mêmes passagers, à quelques mois d’intervalle. Un récit qui convoque avec brio tous les genres, science-fiction, roman noir, récit littéraire classique, procès-verbaux d’interrogatoire, etc.

Didier Decoin, le président du jury, a d’ailleurs suggéré que ce roman devrait connaître une autre vie sous forme de série ou sur grand écran. «C’est vrai qu’il y a une vraie dimension cinématographique. Il y a une arche narrative, comme on dit dans le vocabulaire de la série. Ça ne me déplairait pas de voir ce livre incarné sur l’écran», a admis Hervé Le Tellier par visioconférence. Le Goncourt se distingue cette année par un jury en partie renouvelé.

Le journaliste Bernard Pivot a quitté la présidence de l’Académie fin 2019, et la romancière Virginie Despentes a démissionné début 2020. L’essayiste Pascal Bruckner et la romancière Camille Laurens ont fait leur entrée au sein du jury, désormais présidé par l’écrivain Didier Decoin. Au prix Renaudot, récompense littéraire traditionnellement remise le même jour que le Goncourt, le journaliste et écrivain Jérôme Garcin avait démissionné en mars avec l’intention de susciter un renouvellement et de favoriser la présence de femmes au jury. Il n’a pas encore trouvé de successeur.

Rappelons que la Marocaine Leïla Slimani a reçu le prix Goncourt en 2016 pour son roman Chanson douce. A 35 ans, elle était la douzième femme à remporter le fameux prix. Avant elle, en 1987, Tahar Benjelloun a été le premier Marocain à recevoir cette consécration pour son roman La Nuit sacrée.