L'hémorragie des "blouses blanches" se poursuit

Décès du Dr Othman Baid, directeur de l’hôpital Mohammed v de Casablanca, 50 ans


Dr Othman Baidavec son fils.

Il n’est point d’Homme qui mérite le salut, la reconnaissance et l’hommage de toute la nation que ces citoyens hors pair en première ligne face au coronavirus, à l’image de feu docteur Othman Baid.

Il a sauvé beaucoup de vies et il a laissé la sienne en conséquence de son abnégation. La triste nouvelle du décès des suites du Covid- 19 du Dr Othman Baid, directeur de l’hôpital Mohammed V à Casablanca, à l’âge de 50 ans, est tombée dimanche 22 novembre 2020, la veille du jour de son anniversaire. Après l’aggravation de ses symptômes, il fut transféré au service de réanimation de l’hôpital Ibn Rochd de la métropole, où il a été hospitalisé une dizaine de jours avant son décès.

Natif du quartier historique casablancais de Hay Mohammadi, Dr Othman a laissé derrière lui deux enfants, un adolescent de 17 ans et une fille en bas âge. Connu et reconnu pour être intègre, assidu et prévenant, le défunt avait occupé auparavant le poste de directeur et médecin-chef de l’hôpital Moulay Abdallah à Salé, puis de directeur de l’hôpital régional Mohammed V à El Jadida, entre autres responsabilités, avant d’être nommé à la tête de l’hôpital Mohammed V de Hay Mohammadi de Casablanca.

Lundi 23 novembre, au lendemain de son décès, Dr Nabila Rmili, directrice régionale du ministère de la Santé, s’est déplacée à l’hôpital Mohammed V, où elle lui a rendu hommage pour son dévouement, devant le personnel de cet établissement hospitalier.

Immense tristesse
Elle a posté sur Facebook ce mot poignant: «Aujourd’hui nous a quittés un héros, un combattant, qui a tout donné pour sa nation. Dr Othman Baid, un frère, un ami, un directeur dévoué à son travail, qui a été présent sur le front depuis le premier jour sans jamais baisser les bras. Aujourd’hui on perd un confrère très cher. Aujourd’hui aurait été son anniversaire. Mais le destin en a voulu autrement. C’est avec une immense tristesse que nous présentons nos condoléances les plus sincères à sa famille. Que Dieu l’ait en sa sainte miséricorde».

Dévoué, mais de quel dévouement parle-t-on? C’est un dévouement exemplaire, inégalé et inégalable. Un sacrifice qui n’envie en rien celui dont font preuve des milliers de médecins et infirmiers de par le Maroc chaque jour que Dieu fait, chaque heure et chaque instant.

Hommage posthume
Des dizaines de blouses blanches nous ont quittés depuis l’apparition de cette pandémie. Ils mesuraient pertinemment les risques encourus en bravant, désarmés souvent et vulnérables, un ennemi invisible, puissant, sournois, fatal et impitoyable. L’issue de leurs batailles quotidiennes n’était pas connue. Du point du jour jusqu’au coucher du soleil, ils savaient que leurs vies étaient à moitié condamnées. Le risque, c’est leurs âmes. Et ils n’ont pas hésité comme ceux encore qui n’hésitent pas à en prendre le risque tout en sachant que leurs familles, leurs enfants en souffrent le martyre de ne plus les revoir à la fin de la journée.

Peut-on imaginer un moment dans quel état psychologique se trouvent des milliers de médecins et d’infirmiers qui continuent à réclamer plus d’équipements pour préserver la vie des autres et la leur? Peut-on penser un instant comment ces «soldats» de la nation, qui sont en première ligne face à cette épidémie qui gagne du terrain, affrontent et dépassent tant bien que mal, dans la résignation, la peur, l’angoisse pour aider des malades à garder le moral et l’espoir d’un prompt rétablissement? Il n’est point d’Homme qui mérite, par les temps qui courent, le salut, la reconnaissance et l’hommage de toute la nation plus que ces citoyens hors pair, à l’image du Dr Othman Baid.

Merci à celles et ceux qui nous protègent et nous épargnent le pire aux dépens de leurs propres vies.


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