L’hécatombe est de retour sur nos routes

RECRUDESCENCE DES ACCIDENTS DE LA CIRCULATION À LA VEILLE DU DÉCONFINEMENT

Le bilan des accidents entre le 18 et le 24 mai 2020 est assez lourd: 7 mort et plus de 760 personnes blessés.

Après une période d’accalmie pendant laquelle les accidents de la circulation ont baissé de 80% entre le 20 mars 2020, date à laquelle est entré en vigueur l’état d’urgence sanitaire et le 20 avril, voilà que les accidents de la route reprennent de plus belle. Selon les nouvelles statistiques de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), la situation a particulièrement dégénéré entre le 18 et le 24 mai 2020.

Cette semaine a précédé les fêtes de l’Aïd El Fitr et intervient au moment où le non-respect de l’état d’urgence sanitaire commence à se manifester avec beaucoup d’ostentation dans les grandes villes du Maroc. Le bilan humain de ces accidents est assez lourd: 7 personnes ont trouvé la mort et plus de 760 personnes ont été blessées, dont une trentaine très grièvement. Ces pertes humaines sont causées par plus de 600 accidents survenus essentiellement en périmètre urbain, dont une bonne partie sur les autoroutes.

Irresponsabilité et incivilité
Ces accidents sont dus, comme pendant l’époque d’avant la crise sanitaire, à de très nombreux facteurs, dont principalement le non respect de la priorité, l’inadvertance des conducteurs, l’excès de vitesse, le non respect de la distance de sécurité, la perte de contrôle, la circulation sur la voie de gauche, le non-respect des feux de signalisation et la circulation en sens interdit. Ces accidents surviennent et reprennent en intensité malgré toutes les opérations de contrôle effectuées par les services de la police qui ne baissent pas la garde sur les routes. Ainsi, les services de la sécurité ont enregistré plus de 9.000 contraventions et rédigé environ 5.000 procès-verbaux qui ont été soumis au parquet général, alors que plus de 4.400 amendes transactionnelles ont été recouvrées.

En dépit de ce dispositif répressif, la situation ne s’améliore malheureusement pas sur nos routes. Sauf pendant la première période de l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, qui a connu une chute importante du nombre des accidents de la circulation. Confinement oblige, les accidents ont baissé de 80% en un mois. Du jamais vu en période de circulation normale. Le bilan humain a également enregistré une forte baisse. De 60 morts enregistrés en période normale, le chiffre est passé à 20 morts pendant le confinement.

Soit une baisse d’environ 65%. Il faut dire que ce phénomène, devenu au fil des années une véritable hécatombe, se heurte toujours aux stratégies gouvernementales et autres nouvelles lois du parlement pour mettre un terme à sa propagation. Tels un virus, ces accidents se propagent à une vitesse incroyable, provoquant chaque année plusieurs centaines de pertes humaines. Nouveau code de la route, dispositif de contrôle renforcé sur les routes, campagnes répétitives de sensibilisation dans les médias, rien n’a servi à stopper l’hémorragie. Une situation qui continue à empoisonner l’économie nationale avec plus d’un milliard de dirhams de pertes financières provoquées par les accidents de la circulation.


1 commentaire

  • ben mhammed

    1 Juin 2020

    Dans les années 90 j étais un jeune conducteur qui faisais 2 fois par an la route Fès Goulmim en passant par rabat .À l'époque, de l'autoroute il n'y a avait que le tronçon rabat casa.A part ça ,c etait le wild wild west. La frousse au ventre, j'avalais les kilomètres et je regardais terrifie les hécatombes qui jonchaient ce qui semblait être des routes, Sur les colonnes des journaux les statistiques pullulaient et les déclarations fracassantes de nos responsables aussi. Après avoir vécu deux décennies en continu dans un autre pays .De retour au Maroc j'ai remarqué que l'infrastructure routière s'est moyennement améliorée, alors que la mentalité du conducteur ainsi que les déclarations des responsables n'ont pas évolué d'un iota. La majorité des conducteurs marocains n'ont pas conscience qu'un véhicule peut être à la fois un moyen de transport et une arme de destruction massive. Les auto-écoles a part les changements de façades fonctionnent de la même manière, les contrôles routiers se font de la même façon, l'insouciance et l'incivilité se font concurrence à tout cela s'est ajoutée une catégorie de casse cous qui joue à pile aux faces avec leur propre vie et celle des autres... Entre un chauffeur de poids lourd qui prend une descente et qui ne comprend même pas le fonctionnement et les limites de son frein et un automobiliste qui prend les virages sans se soucier des lois de la physique, les conducteurs qui respectent les lois et le bon sens ne font pas légion. De l'autre cote 'l administration ne s est pas attaquée à certaines tares du système .Améliorer l'infrastructure, c'est bien, mais laisser la corruption proliférer à tous les niveaux. L'anarchie sévir dans le transport clandestin et reglemente à savoir des taxis Mercedes a 7 places , pick ups pour les ouvriers agricoles, transport écolier et ouvriers périlleux, transport urbain et interurbain kamikaze, tout ceci ne fera qu'alourdir la facture en vies humaines et en devises.Il faut que nos responsables sachent que la rigueur et l'égalité dans l'application des lois et la formation stricte pour les usagers de la route restent parmi les moyens les plus efficaces pour combattre cette calamite. Sous d autres cieux, on n'hésite pas à pousser certains à repasser leur permis ou à l'annuler carrément dans certaines circonstances .Donc ,si on arrive pas a imaginer des solutions ,on pourrait peut etre s inspirer de ce qui se fait ailleurs en l adaptant a nos conditions et a notre culture.

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