CINÉMA: "Haut et Fort" de Nabil Ayouch projeté à Cannes

Une première dans l’histoire du cinéma marocain. Le long-métrage “Haut et Fort” de Nabil Ayouch participe à la compétition officielle du festival de Cannes. Il a été projeté le jeudi 15 juillet au Grand Théâtre Louis Lumière.

Le tant attendu long-métrage «Haut et Fort» de Nabil Ayouch, en compétition officielle au festival de Cannes, a dévoilé ses premières images avec la bande annonce officielle. En présence de l’équipe du film, qui a fait la montée des marches, jeudi 15 juillet, «Haut et Fort» a été projeté au Grand Théâtre Louis Lumière, salle mythique du Palais des festivals de Cannes. Produit par Ali’n Productions, Les Films du Nouveau Monde, en coproduction avec Unité et Ad Vitam, le film, dont l’action se déroule à Sidi Moumen, à Casablanca, raconte l’histoire d’Anas, ancien rappeur qui est engagé dans un centre culturel du quartier. Encouragés par leur nouveau professeur, les jeunes vont tenter de se libérer du poids de certaines traditions pour vivre leur passion et s’exprimer à travers la culture hip-hop.

«Haut et Fort» est une fiction qui se situe dans la lignée du travail d’observation et d’introspection proche du terrain que Nabil Ayouch mène depuis des années sur chacun de ses films. Une approche qu’il affectionne particulièrement puisque ce dernier film a vu le jour avec la participation des jeunes du centre culturel «Les Etoiles de Sidi Moumen », créé par la fondation Ali Zaoua en 2014. Réalisé et écrit par Nabil Ayouch, en collaboration avec Maryam Touzani, le film est un hommage à la jeunesse marocaine, et est interprété principalement par Anas Basbousi, ainsi qu’Ismail Adouab, Meriam Nakkach, Nouhaila Arif, Abdou Basbousi, Zineb Boujemaa et Soufiane Bellali.

Un travail d’introspection
Représenter le Maroc, pour la première fois de l’histoire, en compétition officielle du festival de Cannes est la consécration du riche parcours de Nabil Ayouch. Né le 1er avril 1969 à Paris, il est membre de l’académie des Oscars (Academy awards) et de l’académie des César. Son premier court-métrage «Les Pierres bleues du Désert » (1992), révèle Jamel Debouzze. Après deux autres court-métrages, Nabil Ayouch réalise en 1997 son premier long-métrage, «Mektoub», qui comme «Ali Zaoua» (2000), représente le Maroc aux Oscars. Puis viennent «Une minute de Soleil en moins» (2003), pour la collection «Masculin/Féminin » d’Arte, et «Whatever Lola Wants» (2008), produit par Pathé.

Après avoir mis en scène plusieurs spectacles vivants, il conçoit et met en scène le spectacle d’ouverture du Temps du Maroc en France, au Château de Versailles en 1999. En 2011, il tourne au Proche-Orient son premier documentaire de long-métrage, «My Land». En 2012, il réalise «Les chevaux de Dieu». Le film, qui s’inspire des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, est en sélection officielle Un Certain Regard au festival de Cannes et reçoit le Prix François Chalais. Il représente le Maroc aux Golden Globes et aux Oscar et remporte 26 prix à l’international.

En mai 2015, son film «Much Loved» est sélectionné au festival de Cannes, à la Quinzaine des Réalisateurs. En septembre, il remporte le Valois d’Or et le Valois de la meilleure actrice à Angoulême. Interdit au Maroc, «Much Loved» sort dans une vingtaine de pays et récolte plus de 12 prix internationaux. En 2016, Nabil Ayouch tourne «Razzia». Le film, qui fait sa première mondiale au Festival International du film de Toronto en 2017, remporte une dizaine de prix à l’international. En 2019, Nabil Ayouch produit le film «Adam», réalisé par Maryam Touzani, qui fait sa première mondiale au Festival de Cannes (Un Certain Regard). Le film, vendu dans 20 pays, remporte à ce jour 30 prix et connaît un véritable succès.