Polémique autour de la hausse du prix du pain normal

La Fédération nationale des boulangers rassure les Marocains

Réagissant à un communiqué rendu public fin juin dernier par une association se disant représenter des boulangers dans le pays, dans lequel il est affirmé que le prix de base du pain normal, fixé à 1,2 dirham, va connaitre une hausse imminente, la Fédération nationale des boulangers tient à rassurer les Marocains sur une décision non encore prise par les professionnels.

Il ne manque plus que le pain normal pour subir à son tour une hausse du prix. Alors que tous les produits, presque sans exception, ont connu une augmentation de leur prix dans le sillage d’une hausse généralisée des prix, le pain normal est toujours resté à son tarif de base, fixé à 1,2 dhs. Mais une association représentant certaines boulangeries dans le pays s’est fendue, fin juin dernier, d’un communiqué où elle annonce avoir l’intention d’augmenter le prix du pain normal. Une décision justifiée par la hausse des tarifs des matières premières et le renchérissement du coût du transport. Ces deux facteurs sont, bien entendu, les conséquences directes de la crise du Covid-19 et de l’invasion militaire russe contre l’Ukraine. Quelque temps après la diffusion de ce communiqué, la Fédération nationale de la boulangerie et la pâtisserie au Maroc a réagi en affirmant qu’aucune hausse du prix du pain n’est programmée pour l’instant.

Menace pour la paix sociale
Un démenti au goût d’une parole rassurante pour les Marocains qui voient leur pouvoir d’achat s’amenuiser jour après jours dans une vague inflationniste inédite. Il faut rappeler que l’État intervient toujours par le biais de la Caisse de compensation dans la stabilité du prix du pain. L’État subventionne non seulement le blé fabriqué localement mais aussi celui importé par le mécanisme de restitution. Ainsi, plus de 4,5 milliards de dirhams ont été dépensés par l’État à fin mai 2022 pour importer plus de 3,3 millions de tonnes de blé tendre. En 2008, le gouvernement avait signé avec les professionnels du secteur des accords de modération pour ne pas porter préjudice au pouvoir d’achat du consommateur.

Des accords qui engagent, d’une part, l’État à subventionner le prix du blé importé en cas de hausse à l’international pour maintenir le prix à 350 dirhams le quintal et, d’autre part, les boulangers à maintenir le prix du pain normal (rond ou baguette) à 1,2 dirham. Le président de la Fédération nationale de la boulangerie et pâtisserie au Maroc, Houcine Azaz, tient à rassurer les Marocains sur une décision non encore prise par les professionnels.

Le patron des boulangers estime que le communiqué de ladite association est considéré comme une provocation et une menace pour la paix sociale. Une paix qui ne tient qu’à un fil en raison des hausses qui s’accentuent et qui asphyxient de plus en plus les ménages. Mais il appelle néanmoins à l’ouverture d’un dialogue franc et responsable avec le gouvernement pour trouver des solutions urgentes à la hausse des prix des matières premières qui se répercutent considérablement sur le pouvoir d’achat des ménages.