La hausse des prix des matières premières plombe les finances publiques

La charge de la compensation passe de 3 à 6 milliards de dirhams au 1er semestre 2021

Outre le poids financier considérable sur les finances publiques, l’importante hausse des matières premières a tendance également à peser sur les prix de certains produits non subventionnés comme les huiles. Ce qui va provoquer une chute brutale du pouvoir d’achat des Marocains.

Une situation anormale est en train de marquer les finances publiques. Alors que celles-ci sont en sérieuses difficultés à cause des effets de la pandémie, la charge de la compensation supportée par l’Etat a explosé pendant les cinq premiers mois de l’année 2021.

Selon les derniers chiffres communiqués par la Trésorerie générale du Royaume, cette charge s’élève désormais à 6,3 milliards de dirhams, contre seulement 3,07 milliards de dirhams pendant la même période de l’année 2020. Une somme faramineuse passée du simple au double.

Les experts expliquent cette hausse anormale de la subvention publique par la surchauffe qui s’est emparée des marchés internationaux des matières premières pendant toute la période de la crise sanitaire. Une surchauffe qui risque de s’aggraver pendant les mois à venir en raison des perturbations qui continuent de marquer ces marchés à cause de la pandémie, dont les effets continuent de peser sur l’économie mondiale.

Hausse généralisée
Pour le Maroc, cela se traduit en particulier par l’effet sur les prix du gaz naturel et du sucre, les deux produits qui bénéficient actuellement du soutien de la Caisse de compensation. Or, le cours du gaz butane, qui représente plus de 80% du montant de la compensation, reste orienté à la hausse, dans le sillage du baril du pétrole. Sur douze mois, l’envolée enregistrée sur les marchés mondiaux s’est établie à 82%.

Pour le sucre, les prix, après avoir enregistré des fluctuations plutôt dominées par la hausse, ont tendance à se stabiliser à un niveau élevé: 213,5 euros la tonne. Au-delà, le pouvoir d’achat du consommateur marocain risque aussi d’être affecté par la hausse qui touche les autres matières premières.

Le cours du blé s’est apprécié de 22% en six mois à la Bourse de Chicago. Mieux, celui du maïs a crû de 60% et le soja est à son sommet en six ans. En ce qui concerne les huiles, qu’elles soient issues de colza, de palme, de soja ou de tournesol, elles ont également flambé.

Et les retombées sur le consommateur marocain ont vite été ressenties, à travers les hausses des prix des huiles de table et des produits avicoles. Il faut dire dire que l’augmentation considérable de la charge de la compensation est de nature à aggraver la situation des finances publiques.

Et ce dans un contexte économique difficile où la reprise n’est pas encore au rendez-vous. Une reprise qui se fait sérieusement attendre sachant que la situation sanitaire est toujours variable entre une hausse et une baisse des contaminations.