Le gouvernement vend le singe et se moque de l’acheteur

Hausse des contaminations et de mortalité Covid-19

Puisque le gouvernement ne s’explique pas et n’argumente pas la hausse des cas de contamination et du taux de mortalité, rien n’empêche donc, étant donné que la nature a horreur du vide, d’en faire l'essai, ne serait-ce que pour le combler.

Mais avant cela, tirons au clair une interrogation lancinante qui taraude l’esprit des Marocains : pourquoi le gouvernement ne commente-t-il pas ces chiffres ? Pour créer la psychose. Evidemment, mission réussie. Pour inciter les gens à être plus prudents ? C’est raté. Pour manipuler les Marocains et les pousser vers une sortie de crise qui coïncide avec les échéances électorales ? Possible. Soit. Mais dans ce cas de figure, le gouvernement s’est éloigné de son objectif, celui de freiner la propagation du virus et d’en juguler les conséquences tous azimuts.

De là à être tenté d’expliquer la hausse des cas de contamination et des morts, l’opportunité s’y prête allégrement. La courbe ne s’est inscrite dans une tendance haussière qu’à l’occasion de l’Aïd (fête du sacrifice). Pour ne pas compromettre un business juteux dans le cœur du fief de nombre de partis politiques et de certains de leurs ténors, on a provoqué un événement fâcheux. Pour vendre des moutons, vendre des masques ou les fournitures scolaires, la création de dérogations et de lois sur mesure ne pose pas de problème. C’est ce qui s’est passé pendant et après l’Aïd, pour en donner l’exemple irréfutable. La décision impromptue d’interdire les déplacements prise à 19 heures un dimanche a provoqué des accidents sur la route et des décès. Le gouvernement, qui en assume l’entière responsabilité, a voulu s’en délester. Comme pour se racheter et regagner peu ou prou la sympathie populaire, il a toléré des déplacements clandestins qui ont permis des regroupements familiaux et par conséquent, une hausse des cas de contamination et du taux de mortalité.

Puis, comme si la courbe n’avait pas atteint des sommets inquiétants, le gouvernement décide d’envoyer les malades du Covid-19 chez eux pour s’automédicaliser. Et on parle de relâchement ! De quel relâchement parle-t-on ?!

Depuis, le nombre des cas est monté en flèche. Il fallait bien qu’une partie en assume la responsabilité. Bien entendu, la partie la plus faible serait le mieux. Le minaret est tombé, il faut pendre le coiffeur du coin de la rue ! Les citoyens lambda (pas les industriels et les professionnels, loin s’en faut) en sont tenus pour responsables. Un décret cocotte-minute est confectionné à la va-vite. Il est venu renforcer l’arsenal des documents à renouveler (carte grise, carte d’identité nationale biométrique…) en cette période de crise pour renflouer les caisses de l’Etat. Ce qu’on ne parvient pas à faire sortir de la poche des riches, on peut toujours le faire de la poche des autres (Marocains de seconde catégorie). Les richesses pour les riches et les valeurs de citoyenneté exigées des citoyens.

Une amende de 300 dirhams pour non-port du masque. Qui peut la contester quand on maîtrise bien la propagande de la peur et de la psychose. L’un faillit et l’autre paie les pots cassés. Le gouvernement porte le chapeau au peuple confus comme si ce dernier est gouverné par lui-même. Il cache son désarroi et sa gestion chaotique et improvisée de la pandémie en s’appuyant sur des lois-muselières. Ce qui se passe sous nos cieux ne peut être tu. La situation échappe à tout contrôle. Et seule l’analyse des chiffres quotidiens peut en révéler les contours. Voilà pourquoi le gouvernement rechigne à analyser des données sans âme mais aux effets puissants sur des esprits affaiblis par la peur de mourir et de mourir de faim.

Avec ces chiffres effrayants on balance des décisions à tout-va comme celle de la reprise des études en septembre prochain, illogique et absurde. Les grandes surfaces ont étalé les fournitures scolaires le jour même. Elles se frottent les mains déjà. Elles n’attendaient que l’officialisation de cette décision pour se remplir les poches. Ce qui se passera d’ici début septembre, personne ne le sait, mais ce qui est sûr, comme pour le mouton, il faut permettre le commerce des fournitures scolaires. Il faut aussi pousser les parents à payer les frais d’inscription. Le citoyen paie, n’a pas besoin de comprendre, doit mettre le masque et se la fermer. Seul maître à bord, un gouvernement qui tâtonne, manquant d’idées, de vision et de visibilité, de perspectives, de plan de relance économique, de politique économique, de transparence…

On sanctionne les Marocains qui ne respectent les consignes tout court pour les habituer à accepter les situations à venir dont le vote obligatoire au profit d’acteurs de la scène politique qui ne le respectent pas.


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