Hamza Jeaifri, assassiné à 23 ans par le Polisario : Le martyr de Smara


Le Polisario persiste dans ses actes terroristes, engendrant des tragédies incommensurables. Face à leur salve de missiles sur Smara, ce sont des citoyens sans défense, tels que le jeune Hamza Jeaifri, qui en subissent cruellement les conséquences.

Sous le vaste firmament marocain, le ciel de Smara scintille d’une beauté incomparable lors des nuits étoilées. En cette soirée du 28 octobre 2023, alors que Hamza Jeaifri gravissait les marches menant à la terrasse de la demeure de sa tante, peut-être a-t-il été ébloui par ce tableau céleste. Cependant, un éclat particulier a dû tardivement capter son regard, un objet luminescent traversant le ciel, fonçant droit sur lui. A-t-il eu le temps de penser qu’il pouvait s’agir d’une météorite, phénomène courant dans le Sahara marocain? Hélas pour lui, la réalité a été bien plus cruelle: c’était plutôt un lâche projectile qui, en un instant, éteindrait la flamme de sa jeune vie. À ce moment tragique, Hamza n’avait que 23 ans. En effet, il est peu après 23h30 quand, ce soir-là, Smara se voit subitement devenir l’objet de plusieurs frappes de missiles venues, de prime abord, de nulle part, mais dont on saura rapidement qu’elles sont le fait du mouvement séparatiste du Front Polisario.

Incompréhension et horreur
À cette heure tardive, les ruelles de la capitale spirituelle du Sahara marocain résonnaient encore des rires des enfants; des discussions à bâtons rompus mâtinées de l’accent hassani local, comme le veulent les traditions nocturnes de la région; et les chants mélodieux des femmes en melhfa, cette tenue traditionnelle qu’elles portent avec tant de fierté. Des sonorités chaleureuses qui, en un instant, ont laissé place à des cris d’effroi. L’incompréhension et l’horreur se sont dessinées sur les visages des habitants, telles que capturées par plusieurs vidéos qui ont circulé en masse sur les réseaux sociaux quelques minutes seulement après l’incident.


Les explosions ont frappé de plein fouet les quartiers paisibles de la ZAP, Hay Essalam et le quartier industriel. Si des premières rumeurs parlent de bonbonnes de gaz, l’agence Maghreb arabe presse (MAP), a publié une première brève parlant plutôt de «déflagration» et déplorant un mort et trois blessés. Ces informations venaient corroborer les témoignages de résidents sur place ainsi que les vidéos montrant des fenêtres volant en éclats, dispersant des morceaux de verre aux alentours, et des murs effondrés, recouvrant les ruelles d’un tapis de décombres. Dans des vidéos diffusées plus tardivement, on voit aussi des maisons touchées qui portent les cicatrices d’une violence soudaine et imprévue; les toits, qui avaient autrefois offert protection et abri, perforés à plusieurs endroits; et les murs, arborant clairement les marques de l’impact, au milieu du plâtre écaillé et des peintures délavées. Mais de toutes les scènes qui ont circulé, la plus poignante reste sans doute du corps d’un jeune homme gisant, inerte, adossé à un mur. C’est celui de Hamza. Originaire de Sidi Yahya El Gharb, dans la province de Sidi Slimane, il vivait à Tarbes, une ville pittoresque du Sud- Ouest de la France. Là-bas, il partageait son quotidien avec son frère aîné et travaillait en tant que serveur dans un restaurant. Mais le destin, dans sa cruauté implacable, l’a emporté lors d’une brève visite chez sa tante à Smara, durant ses trois semaines de vacances au Maroc.

Traînée de destruction
Ladite tante, qui répond au nom de Malika Ahlik, les yeux embués de tristesse, a confié à la presse qu’ils ont “senti le sol vibrer sous leurs pieds, tandis qu’une traînée de destruction traversait notre demeure, du toit du troisième étage au rez-de-chaussée, déchaînant le chaos dans son sillage”. Sa maman, Rachida Ahlik, qui était également sur place, décrit quant à elle comment elle a commencé à crier “Hamza, Hamza, Hamza” pour son fils qui se trouvait sur la terrasse avant d’apercevoir que c’est son cadavre, démembré, qui était perché sur le mur. La maman perd ainsi un jeune fils qui avait plein de rêves et d’ambitions. Fort des économies accumulées au fil des années en France, Hamza envisageait sérieusement de rentrer au Maroc pour réaliser son rêve: ouvrir son propre restaurant, se marier et mener une vie tranquille et paisible dans son pays. Mais cela, c’était avant que le Polisario ne mène à part son noir dessein terroriste.

Le procureur général du Roi près la cour d’appel de Laâyoune a annoncé, le lendemain de l’attaque, que la police judiciaire compétente a été chargée de mener une enquête judiciaire. Le même jour, l’agence de presse séparatiste “Sahara presse service” (SPS) a indiqué que ses milices avaient “ciblé les forces ennemies dans les secteurs de Mahbès, Smara et Farsia avec des bombardements concentrés et violents causant de lourdes pertes dans les casernes et tranchées ennemies”. Un aveu de fait qui ne dit juste pas son nom. Pour sa part, le représentant du Polisario auprès de l’Union européenne (UE), Omar Mansour a également été l’auteur de déclarations similaires. Sur X (précédemment Twitter) le 30 octobre 2023, il avait évoqué des “dommages collatéraux” en lien avec la guerre, se référant indirectement aux victimes civiles de l’assaut sur Smara. C’est donc ainsi que le Polisario voit les humains et en l’occurrence, Hamza. De simples “dommages collatéraux”.

Solidarité indéfectible
Plusieurs jours après sa mort, c’est l’ensemble de la nation, de Tanger à Lagouira, qui reste encore sonné par son tragique assassinat. Dans l’après-midi du lundi 30 octobre 2023, c’est tout un cortège empreint de solennité et de douleur qui a traversé les rues paisibles de Sidi Yahia El Gharb, portant en son sein le cercueil de Hamza. En provenance de la morgue de Laâyoune, après un dur voyage de près de 24 heures, l’ambulance est arrivée. Elle ne portait pas seulement le corps d’un jeune homme fauché dans la fleur de l’âge, mais aussi les prières et le deuil de ses compatriotes. Alors que la procession avançait, en plus de la lecture du Coran et des douâa, on voyait également des drapeaux du Maroc portés hauts en plus des photos du martyr. Chaque pas résonnait ainsi de la détermination renouvelée des Marocains à défendre l’intégrité de leur territoire. Le propre frère de Hamza, Badreddine Jeaifri, le souligne. “Ces lâches qui se cachent derrière des actes terroristes n’ont réussi qu’à renforcer notre résolution. Sa perte ne sera pas oubliée et nous continuerons à défendre notre terre coûte que coûte”, a-t-il lâché, en marge des funérailles. De Smara à Tanger, sa mort aura regalvanisé l’unité et renforcé la solidarité indéfectible des Marocains face au terrorisme.

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