Habités par le végétarisme

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Ces Marocains qui se passent de viande


Le végétarisme fleurit comme une belle modernité à la fois responsable et hygiénique chez nombre de Marocains. Ils troquent l’omnivore qu’ils étaient par habitude contre un nouvel idéal qu’ils réclament par éveil.

De plus en plus de Marocains se préoccupent de l’assiette du futur…. Soucieux de répondre au plus fin à leur éthique végétarienne, ou, pour les plus érudits, végétaliennes, c’est du présent qu’ils éliminent toute viandaille, ou, pour les puritains, toute extraction de celle-ci, notamment lait et fromage. D’abord, quand il vient de situer la raison derrière cette reconfiguration de la chaine alimentaire, la leur, il y en a une, visionnaire, et de là, responsable qui s’agite à tous les coups: «En 2050 nous serons 9 milliards, comment subvenir aux besoins en la matière? », nous dit Ahmed, un adepte de la chose. Pour rajouter: «Déjà là, le monde en est incapable».

Le rapport du Marocain à la viande est d’autant plus étroit qu’il faut aller de tous les diables, non pas pour l’en dissuader, car, pour beaucoup, c’est peine perdue, mais du moins l’en divertir… en faire au mieux un flexitarien, un dénominatif qui, en terre végétarienne, nous renvoie à une consommation réduite en viande.

Une viande sans viande…
Les méfaits dus à la surconsommation de la viande sont, comme dirait l’autre, un secret de tous connu. On peut du moins parler du mauvais choléstérol, au plus un cancer. Mais comment ruser pour que telle mutation culinaire opère? Remarque, la consommation moyenne du Marocain ne franchit pas les 17 kg de viande par an, qui, comparée à celle française, de 23,5 kg, ou encore à celle saoudienne, de 40,5 kg, reste correcte. Certains parlent de viande sans viande, un concept qui ne garde de la viande que le goût, mais qui est tout sauf viande. Ce sont des produits à base de soja, de légumineuses… travaillés de façon à leurrer les papilles du consommateur friand de viande. Si la répétition est telle… c’est qu’on a du mal à y croire, mais pourtant ce qu’on appelle la viande végétarienne commence à faire des élus.

Amine, un végétarien fraîchement converti, nous dit s’en accommoder parfaitement. Et qui rajoute «quand on sait que pour un steak végétarien de 100 g nous n’avons besoin que de 180 litres d’eau, contrairement aux 1500 litres nécessaires pour un steak de viande, et qu’ainsi nous pouvons nourrir 27 milliards de gens… ça mérite une reconversion ».

Pour ce qui est des restaurants végétariens, les «Beyond Meat» ou les «Au-delà de la viande», comme on les appelle, regrettent que ce soit aussi pour les autres… on sent, à leur parler, que c’est une communauté qui se resserre autour d’une belle verdure de principes, oui, car Amine ne manque pas de dire, comme emporté «Que c’est beau le végétarisme». Peut-être est-ce là un nouvel idéal…

Notons, comme nous rapporte la nutritionniste citée plus haut, qu’en sus du souci premier qui reste la course aux protéines mais ailleurs qu’en viande, que certains groupes sanguins, comme le Groupe O, s’accommoderaient mal d’un régime végétarien, ceci, du fait de son besoin plus exprimé que d’autres pour la viande. Un groupe qui prévalait chez nos ancêtres vivant principalement de la chasse. Le tout s’explique… L’assiette du futur se concocte plutôt que dans des cuisines, dans des tubes de laboratoires, Sarah nous parle d’une alimentation en poudre, qui renfermerait tous les besoins nutritifs…Visiblement le monde change…et eux avec…. pas nous?