Guergarat et Afrique du sud: La fin d'une dure nostalgie ?


Cyril Ramaphosa,chef de l’Etatsud-africain.

Le président sud-africain a dû clarifier sa position entre, d’une part, un Maroc assurant son destin, qui avance, qui construit; et, d’autre part, une Algérie qui met ses plus hauts dirigeants et cadres en prison pour corruption.

Le blocage opéré à Guerguerat par une milice inféodée au Général Changriha n’est pas une affaire spontanée. Il fut dans les papiers bien avant l’éviction du Président Bouteflika. Il a été ficelé du vivant de l’ancien chef d’Etat-major algérien Ahmed Gaid Salah. Repris par l’actuel chef d’Etat-major par intérim, il a été repensé à l’extrême.

Pour en découdre avec le Maroc, il fallait élire un Président conciliant, mobiliser les médias et sceller la communication, envoyer au charbon le personnel diplomatique, et rameuter tous ses amis, des Etats, des ONG et aussi des oisifs de tous bords. Il fallait aussi garder la pression sur la République Sud-Africaine pour l’aide pour le conseil, des chars et du satellite …!

Pour engager cette confrontation, des étapes ont été prévues, autant rapides qu’élémentaires: une milice agitée; une réaction énergique du Maroc, pensée sauvage; crier au loup pour l’ONU et ameuter la communauté internationale. Mais… Patatras. D’abord, malgré le tintamarre de la milice et ses provocations, le Maroc n’a pas réagi et a laissé du temps au temps; ensuite Le Président Tebboune s’est retrouvé hospitalisé; puis vint la résolution du Conseil de Sécurité avec une introuvable virgule qui aurait permis des interprétations divergentes.

Il reste, enfin, cette déconvenue pour nos voisins, oeuvre de l’Afrique du Sud, qui tout en ne se reniant pas, trouva des formules pour rester dans sa dignité. Et en effet, une première formule consista en deux tweets du 11 octobre 2020, publiés par le ministre des finances de la République Sud-Africaine recommandant, dans un premier tweet, une alliance d’Etats pour en finir avec une «colonisation », puis, certainement, mieux réinstruit, souhaitant, dans un second tweet, l’intervention des anciens mouvements de libération, lesquels sont soit caducs soit au pouvoir. Vaste programme!

Dignité perdue
Toutefois, l’analyse pointilleuse laisse apparaître que l’Afrique du Sud dit non au Général Changriha, pas de conseillers, pas de matériels. Elle laisse à penser, vu le marasme économique mondial, que l’Afrique du Sud refuse de se lancer dans une aventure douteuse avec ses dépenses imprévues… La seconde formule tient au contenu du communiqué de l’Union Africaine. En filigrane apparaît la position sud-africaine, certainement motivée par le fait que le chef de l’Etat sud-africain, Cyril Ramaphosa, est aussi le Président de l’UA, et il serait bien singulier qu’un tel président soutienne une guerre contre un membre de l’organisation qu’il préside.

Il reste le plus délicieux intelligemment, une plausible explication d’une nature admirable, bien humaine: fort possible donc que ce soit une majeure raison intellectuelle qui a dicté cette position responsable de l’Afrique du Sud en relevant que le Président de l’Afrique du Sud…. a construit son aura en étant le champion toutes catégories dans la lutte contre toute forme de corruption.

Il a dû donc se poser de drôles de questions sur nos voisins: le frère du Président Bouteflika, deux premiers ministres, une bonne fourchette de ministres, un paquet de généraux, des directeurs d’offices publiques, des patrons d’entreprises privées sont en prison pour corruption et dilapidation d’argent publique. Le président sud-africain a dû apprendre aussi que, demain, il est fort possible que d’autres personnes influentes, dont des enfants des plus hauts responsables en fonction actuellement, pourraient être présentés à la justice pour les mêmes motifs.

Le chef d’Etat de l’Afrique du Sud a serré les mains de ces prisonniers, a déjeuné ou dîné avec eux, a ri avec eux, a eu des accolades sans retenue avec eux. Il a surtout échangé religieusement, pensant partager avec eux la même préoccupation.

Objectifs inavoués
Ce Président, propre et intègre, à l’image de son Mandela, a dû se poser maintes questions. Où est l’erreur? L’on m’a trompé en me caressant la fibre patriotique, celle de l’authenticité, celle de l’amour pour le peuple, de l’engagement pour la dignité, la justice, la droiture? M’a-t-on raconté des bobards pour des objectifs inavoués, paroles, gestes et actions contradictoires?

Il a pu penser aussi aux agressions que l’on nous accole. Frontières? Mais il sait que l’UA est la garante de l’intangibilité des frontières, et donc le discours est dilatoire! Drogues? La lecture médiatique locale laisse apparaître qu’avec les oasis, ce pays est dans l’auto-suffisance totale, et pour la dure, il est central, pas besoin du Maroc! Investissement? Mais cela dépend des choix de patrons cherchant sérieux, garantie, facilité et rapides débouchés!...

Le président de la République sud-africaine a dû solliciter sa destinée pour retenir le juste, et a certainement fait un examen de conscience pour clarifier sa position entre, d’une part, un pays assurant son destin, qui avance, qui construit, qui aide et soutient frères et amis, dans le respect et surtout la discrétion; et, d’autre part, un Etat qui met ses plus hauts dirigeants et cadres en prison pour corruption et dilapidation, après en avoir fait, dans des silences complices et des connivences coupables, des icones, tout en se servant du Maroc pour occuper son peuple.

Si cet examen de conscience a été fait, c’est tout à l’honneur de l’Afrique du Sud, en ajoutant que le Président de l’Afrique de Sud peut être certain que l’affaire du Sahara est un stupide montage: au mieux, une guerre pour des egos démesurés contre le Maroc, au pire, le fertile terreau d’une souterraine corruption qui frappe à tous les étages d’un bizarre système. Ni plus, ni moins.