Rien ne garantit que Netanyahou, pour des raisons de survie politique, ne cherchera pas à embraser la région.

GUÉGUERRE SHOW

L’Iran, pour la première fois dans une longue guerre de l’ombre et de détestation partagée avec l’État sioniste, vient de se livrer à une tartuferie guerrière. Des centaines de drones et de missiles à vitesse de tortue ont été tirés sur Israël. Ils ont été tous interceptés en majorité par l’armée israélienne et en partie par les militaires américains, britanniques, français et jordaniens. L’attaque iranienne est entreprise en représailles à la frappe israélienne de l’ambassade d’Iran en Syrie qui a tué sept commandants militaires iraniens.

Une attaque qui a représenté à un moment donné, par sa nature directe, un grand risque de chaos régional à conséquences internationales préjudiciables. L’attaque n’a causé aucun dégât majeur à Israël, si ce n’est la mort regrettable d’Amina Hosni, une bédouine de 7 ans vivant dans le désert de Néguev, dans un des villages non reconnus par les autorités israéliennes où végètent quelque 300.000 bédouins arabes dénués de droits. Un fragment de missile a traversé le mince toit de zinc de sa chambre rose pour lui tomber dessus. Amina mourra plus tard à l’hôpital.

Le missile fragmenté était destiné à la base militaire Nevatim, qui n’a été que légèrement endommagé. Avant d’entreprendre cette attaque, l’Iran avait informé les États-Unis et les ambassades occidentales de ses intentions. Il a bien précisé que ces représailles, ne vont pas provoquer de dégâts majeurs et que son baroud va s’arrêter illico presto au lever du jour. L’attaque était donc attendue depuis des jours. Cela a donné le temps nécessaire à Israël pour se préparer à la contrecarrer. Cela a aussi permis aux indéfectibles supporters occidentaux du sionisme et à la Jordanie de positionner leurs armées pour détruire en vol les drones et les missiles iraniens. Cela a aussi permis aux bourses d’être briefées pour ne pas s’affoler ou perturber les marchés financiers occidentaux. En définitive, cette attaque ressemble plus à un simulacre de guerre bien ordonné qu’à une véritable attaque. Une illustration parfaite du proverbe «le deuil est grand et le défunt une souris».

A vrai dire, si l’attaque de l’Iran met en évidence un changement apparent dans la pensée iranienne, elle semble plus destinée à la consommation interne et partisane qu’à vouloir provoquer un réel dommage à Israël. Pendant toutes ces dernières années, l’approche de l’Iran envers les États-Unis et Israël et le reste du monde qu’il déteste, obéissait au concept iranien de «patience stratégique», qui consiste à renforcer des groupes mandataires de son réseau sans recourir à des représailles immédiates ou provocatrices. Il pouvait ainsi projeter sa puissance, sans risquer une confrontation directe. Une patience synonyme de faiblesse qui n’est plus acceptée par les durs du régime.

«L’ère de la patience stratégique est révolue», a déclaré un haut responsable iranien. Pourtant, l’Iran ne semble pas vouloir aller plus loin. Conscient de la limite de ses capacités offensives, il déclare un «Game Over». Le lendemain de l’attaque, le génocide de Gaza est oublié. Israël a retrouvé la sympathie et la confiance perdue auprès de ses souteneurs. Tsahal a reconquis son image d’invincibilité et Netanyahou a reçu les lauriers d’une victoire de plus sur «l’axe du mal». Rien ne garantit que Netanyahou, pour des raisons de survie politique, ne cherchera pas à embraser la région. Israël pourrait riposter à nouveau. Le Moyen-Orient n’a pas explosé le 13 avril. Il reste cependant exposé à un conflit ravageur qui pourrait nous plonger tous dans un monde encore plus oppressant que ce qu’il est déjà.

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