Le groupe OCP fin prêt pour l'année de tous les records

RÉSULTATS FINANCIERS

Avec un résultat d’exploitation en hausse de 924% à fin juin 2021, le géant phosphatier semble encore se diriger vers la réalisation d’une année à marquer d’une pierre blanche dans son histoire récente.

Cette année 2021 encore, le groupe OCP semble se diriger vers une moisson exceptionnelle, et ce en dépit de la baisse de son volume de ventes de roche et d’engrais phosphatés. Dévoilant, dans un communiqué publié 21 septembre 2021, les résultats financiers semi- annuels du géant phosphatier national, son président-directeur général, Mostafa Terrab, s’est félicité de ce qu’“au premier semestre 2021, OCP continue d’afficher une solide performance financière et opérationnelle”.

“Les atouts inhérents à notre modèle économique, associés à des conditions de marché favorables, nous ont permis d’atteindre une croissance à deux chiffres de nos principaux indicateurs financiers. Cette performance s’inscrit dans une perspective d’investissement à long terme dans des programmes de croissance et de développement durables,” a-t-il indiqué.

Croissance à deux chiffres
Dans le détail, le résultat d’exploitation s’est apprécié, à fin juin 2021, de plus de 924% (!) par rapport à la même période de l’année précédente, passant, en douze mois, de 871 millions de dirhams (MDH) à 8,05 milliards de dirhams (MMDH), et ce pour un chiffre d’affaires de 32,47 MMDH -contre 27,4 MMDH au premier semestre 2020.

Une performance qui, certes, et cela M. Terrab l’a lui-même souligné, tient en partie du fait que le groupe OCP n’a, contrairement à ce qui s’était passé en 2020, pas enregistré une sortie d’argent de l’acabit de celle qui l’avait vu consacrer une partie de ses bénéfices au financement du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie de Covid-19 mis en place en mars 2020, sur instructions du roi Mohammed VI, par le gouvernement Saâd Eddine El Othmani.

Mais en même temps, la somme concernée n’avait été que de 3 MMDH, et si on ne la prend pas en compte on se retrouve tout de même avec une amélioration de 208% du résultat, soit donc plus qu’un doublement. En lieu et place de la roche et des engrais, dont les stocks s’étaient, du fait des ventes pharaoniques enregistrées en 2020, trouvés réduits -11 millions de tonnes d’engrais écoulés- et dont les chiffres d’affaires n’ont augmenté “que” de 11 et 20%, le groupe OCP s’est, pour ce faire, principalement focalisé sur l’acide phosphorique, vers lequel ont été massivement réorientées les exportations d’engrais.

Chose notamment permise par “l’agilité commerciale” du groupe, sur laquelle s’appuie grandement le modèle de gestion adopté depuis la nomination en février 2006 de M. Terrab. “[Cette] agilité commerciale, sur laquelle nous nous appuyons en permanence, a été un facteur clé dans la capacité d’OCP à renforcer sa position de leader mondial à l’export, et ce en répondant à la demande des marchés à forte croissance,” a, à ce propos, confié M. Terrab.

Au final, la hausse du chiffre d’affaires de l’acide phosphorique aura représenté un ratio de 27%, et on peut très bien imaginer que tout au long des six derniers mois de l’année 2021, le groupe OCP continuera sur le même rythme. En tout cas, ses orientations stratégiques semblent, plus que jamais, recueillir la confiance des investisseurs; ce qu’avait illustré sa sortie à l’international du 12 juin 2021 qui lui avait permis de glaner 1,5 milliard de dollars.

Sursouscrite, comme l’a mis en exergue M. Terrab, près de cinq fois, ce qui est justement une preuve de cette confiance, cette émission obligataire a notamment permis, et ce à hauteur d’un milliard de dollars, de racheter une partie des obligations internationales existantes du groupe OCP, de sorte à optimiser le profil maturité de sa dette, tandis que les autres 500 millions de dollars doivent servir au financement du programme d’investissement à venir, lequel, rappelons-le, vise à s’accaparer, d’ici 2028, la moitié du marché mondial des engrais phosphatés -un total de 100 MMDH devrait, ainsi, être investi en dix ans.

Renforcer sa chaîne logistique
À ce dernier égard, on notera que quelque 2,55 MMDH ont d’ores et déjà alimenté, au titre du deuxième semestre de l’année 2021, les dépenses d’investissement; montant appelé sans doute désormais à exploser après l’annonce, ce 19 septembre 2021, par le groupe OCP de la signature avec le gouvernement éthiopien d’un accord de développement conjoint visant à installer, dans la ville de Dire Dawa, d’un complexe visant à produire dès 2022 2,5 millions de tonnes d’engrais par an -et, à moyen terme, 3,8 millions de tonnes éventuellement.

En effet, l’accord, qui avait été précédé par la signature, en marge de la visite de novembre 2016 du roi Mohammed VI en Éthiopie, d’une première convention, doit porter sur un investissement initial de 2,4 milliards de dollars, susceptible même d’atteindre 3,7 milliards de dollars.

Il s’ajoute aussi, en outre, au partenariat de 100 millions de dollars noué le 28 juin 2021 avec la Société financière internationale (IFC), relevant de la Banque mondiale, “pour renforcer sa chaîne logistique et améliorer la disponibilité d’engrais adaptés aux sols et aux cultures locales en Côte d’Ivoire, en Éthiopie, au Ghana, au Kenya, au Nigeria, au Sénégal et en Tanzanie”, avait détaillé un communiqué. En sus, le groupe OCP avait contracté, le 15 mars 2021, 350 millions de dollars auprès de la Banque africaine d’import-export Afreximbank, avec comme objectif de soutenir ses plans d’expansion en Afrique.

“Il s’agit d’une opération importante qui soutient le développement de la capacité agricole de l’Afrique. Les produits du groupe OCP, qui sont adaptés aux besoins des agriculteurs africains, vont permettre une amélioration substantielle de la capacité du continent à être compétitif sur les marchés agricoles internationaux”, avait, à l’époque, commenté le président-directeur général d’Afreximbank, Benedict Oramah. Il faut donc croire que le groupe OCP a tous les atouts pour enregistrer une année qui soit, à bien des égards, record...