La grogne des habitants des douars de Taounat et Benslimane

Pénurie d’eau potable

A chacun sa cause. Si certains se battent pour des aides financières en ces temps de crise sanitaire, d’autres ne cherchent que de l’eau potable pour subsister. Depuis lundi 6 juillet 2020, de par le Maroc, des habitants de douars de Taounat et de la province de Benslimane (Sidi Bettache), comme dans le sud du Maroc, notamment dans la zone de Zagora, privés d’eau potable, ont manifesté pour faire entendre leurs voix et inciter les responsables locaux à leur trouver une solution urgente.

Chaque année, surtout en été, la colère des populations touchées par les pénuries d’eau rappelle que le Maroc est confronté à un stress hydrique élevé. Une situation qui ne fait qu’empirer d’année en année. Et les annonces rassurantes du gouvernement ne rassérènent personne. Et malgré la feuille de route royale, les pénuries d’eau continuent. Pour rappel, pour anticiper les situations de pénurie, le Roi a fait établir, en juin 2018, une feuille de route ordonnant au gouvernement d’activer des mesures d’urgence (creusement de nouveaux puits, édification rapide de barrages, stations de dessalement, envoi de camions-citernes dans les zones touchées …). Deux ans après, c’est le statu quo. Et la colère des populations concernées ne fléchit pas. Bien au contraire. Face à l’atermoiement du gouvernement, le Maroc risque de voir naître une «révolution de la soif».

Les «manifestations de la soif» se multiplient. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) en avait parlé. Il a alerté sur ce problème, en rappelant que «la demande en eau est aujourd’hui supérieure à la quantité disponible en ressources annuelles renouvelables d’eau douce». Au niveau international, un pays est considéré en situation de pénurie hydrique lorsque la disponibilité en eau est inférieure à 1.000 m³/habitant/an. Au Maroc, cette part est de 650 m³/habitant/an. Cette situation devra s’aggraver à l’horizon 2030 puisqu’elle va passer à moins de 500 m³.

Les changements climatiques, qui auront un impact considérable sur le Maroc, devraient provoquer la disparition de 80% des ressources d’eau disponibles dans les prochaines 25 années. Pourtant, la surexploitation des ressources hydriques se poursuit. Les pouvoirs publics «sont dans l’incapacité de mettre en place des moyens de contrôle efficaces», conclut le CESE.

M.K.


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