UNE GRÈVE NATIONALE EN RÉPONSE AU MUTISME D'AMZAZI

ENSEIGNANTS TITULAIRES DE DIPLÔMES SUPÉRIEURS

Alors qu’il avait accepté les doléances des enseignants titulaires de diplômes supérieurs et avait promis une réhabilitation de leur acquis, le ministre de l’Education sationale semble aujourd’hui se rétracter. Réponse des enseignants concernés: une grève nationale début octobre.

Le Covid-19 semble aujourd’hui la meilleure excuse pour le gouvernement quand il s’agit de non-respect de ses engagements et promesses antérieurs. La dernière victime de cette fuite en avant de l’Exécutif est le corps des enseignants titulaires de diplômes supérieurs. Ces derniers réclament le droit à la promotion et au changement du cadre de rémunération, une promotion qui, rappelons-le, n’est plus opérée depuis 2015. Une décision prise par l’ex-Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, qui a conditionné ces promotions par des tests et concours. En tenant tête à ces enseignants ainsi qu’à ceux contractuels, Benkirane avait provoqué une vague de manifestations et marches de protestation qui n’ont pas faibli ces 4 dernières années.

Une lueur d’espoir était pourtant permise, le 21 janvier 2020, lorsque le ministre de l’Education nationale, Saïd Amzazi, a promis, lors d’une réunion avec les syndicats représentatifs du secteur, que les doléances des enseignants titulaires de diplômes supérieurs seront acceptées et qu’un projet de décret serait soumis prochainement au Conseil de gouvernement pour adoption. Or, près de 9 mois après cette promesse, rien n’a été fait pour réhabiliter ces enseignants et leur rendre leur acquis.

«On demande une réponse officielle du ministère. Il s’est engagé sur une solution et des mesures concrètes qu’il n’a pas respectées. On ne sait pas pourquoi il s’est rétracté. La crise du Covid-19 n’est pas une excuse pour fuir ses responsabilités et refuser toute communication avec nous. Ce problème date de plusieurs années et des milliers d’enseignants titulaires de diplômes supérieurs ne sont plus promus depuis 2016. C’est aberrant!», nous déclare Abdelghani Erraki, secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement, affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT). Quel est l’enjeu derrière ce blocage? Il faut savoir qu’actuellement un enseignant échelle 10 est rémunéré à hauteur de 5.000 dirhams. Un modeste salaire. Si cet enseignant est titulaire d’un diplôme supérieur, notamment un master, il est promu échelle 11, soit une augmentation comprise entre 3.000 et 3.500 dirhams.

Maigre salaire
Il touchera donc entre 8.000 et 8.500 dirhams, ce qui reste en soi un maigre salaire, vu l’importance de ce métier et de ces ressources humaines dans la réforme de l’école marocaine et dans le développement humain d’un Etat qui se respecte. Les pays asiatiques, à titre d’exemple, ont compris cet enjeu et accordent à leurs enseignants des salaires qui sont parmi les plus hauts de la fonction publique. Quoi qu’il en soit, il faut savoir que pour un fonctionnaire, le passage de l’échelle 10 à 11 représente la plus importante promotion dans la fonction publique. Un hors échelle, à titre d’exemple, est augmenté à environ 2.000 dirhams.

En tout cas, le corps des enseignants titulaires de diplômes supérieurs reviendra à la charge en organisant plusieurs manifestations dès cette semaine. Du 22 au 26 septembre, ces enseignants ont porté des brassards rouges en signe de protestation. La semaine d’après sera dédiée à la communication sur leur cause, particulièrement sur les réseaux sociaux, avant d’entamer du 5 au 7 octobre 2020 une grève nationale. Une grève qui pourrait être prolongée, nous précise Erraki.


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