Grève générale dans le système d'enseignement privé, le 14 mars 2017


Les écoles privées crient leur ras-le-bol


Les écoles privées au Maroc  se retrouvent, depuis quelque  temps, dans une très mauvaise  posture. Et pour cause, plus  de 2.000 enseignants ont déserté les  classes de ces écoles pour rejoindre  celles des écoles publiques. Ces enseignants  ont ainsi répondu à la grande  opération de recrutement de plus 11.000  professeurs, lancée l’année dernière par  le ministère de l’Education nationale.

Une opération contestée par les patrons  des écoles privées, qui estiment que les  enseignants démissionnaires n’avaient  pas le droit de quitter leurs fonctions  puisqu’ils étaient liés par des contrats. En  mal de ressources humaines, les écoles  privées crient au scandale et décident  de monter au créneau en appelant à une  grève générale, le mardi 14 mars 2017.

Enseignants démissionnaires
Pour Abdelhadi Zouiten, président de la  Ligue de l’enseignement privé au Maroc,  «c’est la première fois que les écoles  privées constatent une grève générale en  protestation contre une situation qui ne  cesse d’empirer». Il y a, sans nul doute,  de fortes chances que ce 14 mars sera  marqué par une épreuve de force entre  l’enseignement privé et les pouvoirs  publics, visiblement enclins à mener la vie  dure aux écoles privées.

Outre cette vaste opération de recrutement, le ministère de l’Education nationale  interdit désormais aux établissements privés  de recourir aux services des professeurs  du système public. Une interdiction  qui sera effective à partir de la rentrée  scolaire prochaine puisqu’une période  transitoire d’un an leur a été accordée.  A partir de là, les écoles privées sont  contraintes de constituer leurs propres  corps professoraux, ce qui s’annonce  comme une tâche difficile compte tenu  de la rareté des profils sur le marché de  l’emploi.

Autre problème majeur: le régime fiscal.  Le président de la Ligue de l’enseignement  privé conteste le fait que l’Etat tente  d’asphyxier financièrement les écoles  privées. «Nous avons déjà payé à l’Etat  plus de 1,6 milliard de dirhams de taxes et  plusieurs établissements privés ont subi  des redressements fiscaux faramineux»,  précise-t-il.

Pour les experts, le système d’enseignement  privé au Maroc a certes amélioré ses  prestations, mais il l’a fait au détriment  du système public. «On a, d’un côté, une  école publique défaillante, offrant une  très mauvaise qualité d’enseignement  et, de l’autre, une école privée prospère.  Mais le comble est que les deux  systèmes fonctionnent avec les mêmes  professeurs», s’indigne un spécialiste en  éducation.

Par ailleurs, cet abandon de l’école  publique en faveur de l’école privée est  constamment décrié par les hautes instances  internationales, notamment l’ONU,  qui affirme dans un rapport que la privatisation  de l’enseignement au Maroc risque  d’avoir des conséquences dramatiques  sur la société. Un cri d’alarme qui semble  trouver écho chez les pouvoirs publics,  qui tentent, donc, de renforcer l’enseignement  public

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