Grève des étudiants des facultés de médecine

Vers une année blanche ?

Les étudiants en médecine ont rejeté un projet d’accord suite à une réunion tenue le 14 mai avec les représentants des ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur ainsi que les doyens des facultés publiques.

L’épreuve de force continue entre les étudiants en médecine et les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur. Tout ce beau monde s’était pourtant réuni le 14 mai 2019 et un projet d’accord avait même été proposé par les ministères de tutelle, mais cela n’a visiblement pas convaincu les étudiants en médecine. Lors d’un vote organisé par la Coordination nationale des étudiants en médecine au Maroc (CNEM), le 19 mai au sein des sept facultés de médecine, médecine dentaire et de pharmacie du Royaume, entre 67% et 98% des étudiants ont répondu favorablement au maintien du boycott et ont donc rejeté les propositions des ministères. Ils dénoncent un accord «vague et flou» et appellent les deux ministères à des «actions concrètes». L’accord prévoit pourtant le statu quo au niveau du statut juridique du concours de recrutement des médecins pharmaciens et médecins dentaires internes qui «ne permet pas aux étudiants inscrits aux facultés de médecine privées de passer les concours d’internat organisés par les facultés de médecine et de pharmacie publiques.»

Maintien du boycott
Les départements de tutelle insistent sur le fait que «les facultés privées doivent créer leurs propres espaces de formation hospitalière, indépendamment des CHU publics au vu de la capacité limitée en médecine interne». Des propositions qui figurent dans les doléances des étudiants en médecine. Mais cela n’a pas suffi à faire pencher la balance en faveur de l’arrêt du boycott.

La CNEM revendique notamment l’augmentation des places pour les concours de résidanat et d’internat, de meilleurs équipements pour les CHU et l’amélioration des conditions des stages, ainsi qu’à l’ajout récent d’une 6e année au cycle d’études en médecine dentaire. Said Amzazi, le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a réagi à cette décision lors des questions orales à la Chambre des représentants, au lendemain de l’annonce des résultats du vote et a relevé que «les examens auront lieu à temps, les étudiants qui répondront présents sont les bienvenus, et ceux qui s’absenteront, qu’ils assument leurs responsabilités ». Une déclaration «provocatrice », selon le CNEM, qui a répondu sur les réseaux sociaux.

Le spectre d’une année blanche se profile alors que les examens semestriels, prévus initialement entre les 29 avril et 7 mai, ont été ainsi reportés à la période allant du 8 au 15 juin, selon le calendrier de chaque faculté. En grève depuis le 25 mars 2019, les étudiants boycottent toujours les cours, TD, TP et stages. Même en cas d’accord ces prochains jours, le délai jusqu’aux examens semble trop court pour rattraper le temps perdu et favoriser la tenue des épreuves dans les meilleures conditions.


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