Grève des enseignants : Vers la fin du bras de fer avec les syndicats ?


Après avoir tenu quatre réunions consécutives et ce, du vendredi 22 au lundi 25 décembre 2023, la commission ministérielle en charge du dossier de l’enseignement et les syndicats les plus représentatifs de l’éducation nationale ont discuté les dossiers revendicatifs qui sont en cours d’examen. D’après une source syndicale contactée par Maroc Hebdo, plusieurs points de discorde bloquent toujours la résolution du dossier de l’enseignement, dont notamment la hausse des salaires, la généralisation de l’octroi de 500 dirhams revendiqués par les enseignants du secondaire qualifiant aux cycles collégial et primaire, les ponctions de salaires, la baisse des heures de travail, etc.

Statut unifié

Le dialogue sectoriel entre le gouvernement et les représentants syndicaux de l'enseignement n’est pas encore arrivé à son terme. En dépit des discussions supervisées par le Chef du gouvernement, la commission ministérielle tripartie et les centrales syndicales les plus représentatives de l’enseignement ne sont pas parvenues à résoudre ce dossier. Rien que la question du système de statut unifié – décrié unanimement par le personnel éducatif recruté après 2016 – divise encore. Mohamed Aderdour, directeur de l’Académie régionale de l’éducation et la formation (AREF) de la région Rabat-Salé-Kénitra, avait affirmé que certaines dispositions dudit statut ont été ajustées dans un cadre collaboratif, impliquant les cadres du ministère de l’Education nationale, la commission ministérielle en charge du dossier de l’enseignement et les syndicats participants au dialogue. Ce responsable académique, qui occupe par intérim la fonction de directeur des ressources humaines au ministère de l’Education nationale, avait dans ce sens souligné que l’annulation du statut unifié n’est pas envisageable, car selon lui, cette piste nécessitera beaucoup de temps. Le gouvernement a, par ailleurs, pris la décision de geler le statut unifié en vue d’y apporter les amendements nécessaires », a-t-il ajouté.

« Le gouvernement n’est pas clair quant au système du statut unifié. Tantôt on nous dit qu’il est fin prêt, tantôt on nous annonce qu’il est en cours de finalisation », nous confie une source syndicale proche du dossier. Mis à part la Fédération nationale de l’enseignement (FNE) – orientation démocratique, les syndicats ayant participé aux discussions sont unanimes pour annuler l’ancien statut unifié et mettre en place un nouveau système prenant en compte toutes leurs revendications, selon la même source. Et d’ajouter : « C’est normal, ils ont usé de leur temps pour donner lieu à une nouvelle mouture qui englobe toutes les demandes qu'ils jugent pertinantes. « Qu’en est-il des suggestions qui ont été formulées par les syndicats qui représentent le corps enseignant ? S’il s’agissait juste d’amender les dispositions du statut, il faudrait alors promulguer un décret et le publier au Bulletin Officiel. « Pourquoi cette question n’a pas été donc discutée lors du Conseil de gouvernement », s’interroge-t-il.

 Toujours en attente

Malgré l'amendement du statut unifié qui a, entre autres, porté sur le statut des enseignants de l’enseignement secondaire (articles 10, 11, 39, 41, 75, 78, 86 du statut unifié du 6 octobre 2023), des conseillers en orientation, des administrateurs communs, des administrateurs relevant du ministère de l’Education nationale (article 28), etc. D’autres textes de ce statut n’ont pas été touchés, tels que celui relatif à la durée de l’enseignement hebdomadaire ou encore aux cadres administratifs communs. Par ailleurs, d’autres dispositions sont toujours en attente. « Nous travaillons des heures supplémentaires non payées dans le quota d’heures hebdomadaire », nous explique un enseignant de l’enseignement secondaire qualifiant ayant requis l’anonymat. « C’est injuste ! », déplore-t-il. De nombreuses formes de protestations sont exprimées par le corps enseignant, à l’instar notamment de la Coordination nationale des enseignants du secondaire qualifiant, qui a annoncé un débrayage de quatre jours (du 26 au 29 décembre 2023). Une réunion est prévue ce mardi 26 décembre 2023 pour finaliser les derniers amendements. Compte tenu des discussions prolongées, cette rencontre sera-t-elle concluante comme le prévoient bien les parties prenantes ?

 

 

 

 

 

 

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