EXPOSITION

Les grandes découvertes de Kamilya Zarkani

À travers son travail, Kamilya Zarkani cherche à explorer les courants artistiques qui ont fait date dans le monde avec sa touche personnelle 100% marocaine.


Depuis le 1er juin 2024, les salons du Grand Casino La Mamounia de Marrakech accueillent les dernières oeuvres de Kamilya Zarkani, une des stars montantes de l’art contemporain marocain. Âgée de quarante ans, cette native de la ville de Ouazzane attire, en effet, depuis quelques temps déjà le regard de la critique nationale, s’étant notamment illustrée par son travail dans lequel elle entremêle ses explorations de différents courants artistiques ayant fait date dans le monde avec sa touche personnelle 100% made in Maroc.

A titre d’exemple éloquent, on peut donner celui de sa récupération de La Joconde, dont elle a marocanisé, pour sa nouvelle exposition, les traits, dans ce qui constitue aussi, par ailleurs, un clin d’oeil au mouvement dada et plus spécifiquement à Marcel Duchamp, qui lui aussi avait détourné le tableau emblématique de Léonard de Vinci en l’affublant d’une moustache et d’un bouc, ce qui avait donné la célèbre oeuvre d’art “L.H.O.O.Q”. “Je l’avoue, j’aime beaucoup le mélange, mais je n’aime pas mélanger n’importe comment.


Pour moi, cela doit passer naturellement par mon identité marocaine, comme une sorte de boussole qui permet à la fois de m’orienter mais aussi d’orienter le public qui a l’occasion d’être confronté à mes oeuvres”, confie Kamilya Zarkani à propos de son approche. Et d’expliquer que ce n’est pas seulement les courants artistiques étrangers, notamment occidentaux, qu’elle cherche à comprendre mieux afin de pouvoir se les approprier et, par là même, les faire approprier par le Maroc, mais qu’elle essaie aussi de se faire une appréciation plus approfondie de l’art marocain en lui-même, qu’il soit traditionnel -on peut relever, à ce propos, son recours à la poterie- ou un peu plus moderne, pour ainsi dire.

Formalisme pictural
À ce dernier égard, des oeuvres de l’exposition du Grand Casino La Mamounia comportent une influence claire de Chaïbia Talal et de Fatima Hassan El Farouj, les deux grandes figures marocaines de l’art naïf, quoique Kamilya Zarkani insiste sur le caractère non-naïf de ce qu’elle fait. “C’est vrai que j’ai aussi cette particularité d’avoir appris en tant qu’autodidacte, mais pour autant je crois que dans la façon dont j’utilise par exemple les formes géométriques (les triangles, les cercles) il y a un certain formalisme qui déteint de façon nette”, expose notre interlocutrice.

Aujourd’hui femme au foyer, après avoir longtemps fait carrière dans le domaine de la comptabilité, cette mère de trois enfants veut, pour ses futures expositions, élargir davantage son spectre de connaissance du patrimoine culturel marocain, qu’il relève des coutumes, des vêtements ou encore des bijoux. En attendant, les amateurs d’art pourront déjà se faire une idée plus précise au Grand Casino La Mamounia. C’est jusqu’au 25 juin 2024 qu’y dure l’exposition de Kamilya Zarkani.

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