Un grand oral sur fond de contestations populaires

Le chef du gouvernement devant la chambre des représentants

Serein et confiant, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a plutôt réussi son premier grand oral devant les députés, où il a défendu son programme politique malgré les contestations populaires dans la rue.

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, s’est prêté au jeu des questions-réponses face aux députés, lundi 29 novembre 2021. C’est son premier grand oral à la Chambre des représentants depuis son investiture officielle, début octobre 2021. Malgré la difficulté de l’exercice et les critiques dont son gouvernement fait l’objet, notamment concernant le secteur de l’éducation, le chef de l’Exécutif a tenté de calmer les esprits et surtout de défendre son programme, qui consiste, pour lui, à mener des réformes profondes quitte à heurter des opinions établies et des sensibilités dans la société marocaine. «Le gouvernement est pleinement conscient de l’ampleur de la demande sociale croissante concernant le service public», a ainsi souligné Aziz Akhannouch.

En réponse à une question centrale sur le plan d’action du gouvernement pour la consolidation de l’édifice de l’État social, il a mis l’accent sur la prise de conscience par l’Exécutif de la croissance de la demande sociale sur le service public (santé, enseignement et création d’emplois). Pour M. Akhannouch, le gouvernement poursuivra son action sérieuse pour transcender les lacunes dont souffrent les politiques sociales, partant de sa conviction immuable, confortée par les chantiers royaux ouverts et par une vision holistique et complémentaire afin de cimenter les acquis du Royaume dans le domaine social.

Réformes sociales
Le gouvernement est conscient de l’ampleur des attentes sociales nourries vis-à-vis de l’actuelle expérience gouvernementale. Il saisit, à sa juste mesure, la nature des défis et enjeux auxquels est confronté le Royaume et qui placent la réforme du chantier social en tête des priorités. «Nous ne prétendons pas, dans le cadre de cette expérience gouvernementale, que nous allons entreprendre les réformes sociales à partir du néant. Nous ne pouvons pas non plus faire fi des réalisations des autres et nous saluerons celles dans lesquelles nous étions partie prenante», a notamment déclaré M. Akhannouch, notant que le gouvernement veillera à combler les lacunes et à remédier aux dysfonctionnements.

Cette déclaration est venue comme une réplique aux attaques de certains membres du PJD, qui avaient déclaré que les projets lancés par le gouvernement actuel ont été déjà préparés par l’ancien gouvernement conduit par Saâd Eddine El Othmani. Ce dernier avait notamment écrit dans un post sur Twitter que le projet de dessalement de l’eau de mer à Casablanca n’est pas lancé par le gouvernement actuel et qu’il a été présenté par l’ancien ministre de l’équipement, Abdelkader Amara, quelques semaines avant son départ.

Faisant fi des attaques politiciennes venant du PJD, Aziz Akhannouch estime que la réalisation de l’État social demeure une question qui mobilise l’ensemble des institutions constitutionnelles et des forces vives de la Nation derrière S.M. le Roi Mohammed VI, en vue de mettre en oeuvre les contours de l’État de l’équité sociale et de jeter les bases solides d’une société solidaire.

En guise de contribution à ce chantier fédérateur, le gouvernement va oeuvrer, durant son mandat, à consolider les piliers de l’État social en adoptant une méthodologie ayant pour socle la célérité dans l’interaction, l’audace dans l’exécution et le courage dans la prise de décisions, soutenant que le renforcement des fondements de l’État social est synonyme d’actions, de décisions et de créativité pour trouver les ressources humaines, techniques et financières nécessaires.