Un gouvernement tripartite et une opposition hétéroclite?

Il semble qu’au terme du premier round des consultations du Chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, avec divers chefs des partis politiques représentés à la Chambre des représentants, le scénario retenu relatif à la composition de la majorité gouvernementale serait tripartite. Seuls les partis politiques ayant obtenu au-delà de quatre-vingts sièges, à savoir le RNI (102 députés), le PAM (87 députés) et le PI (81 députés) seraient sélectionnés pour faire partie de l’équipe gouvernementale de M. Akhannouch en voie de constitution.

Soit une majorité confortable de 270 sièges sur 395 (68,35% des élus de la Chambre des représentants). N’est-ce pas là le meilleur moyen qui permette de former un gouvernement restreint de vingt à vingt-cinq maroquins seulement, comme cela court dans les coulisses des négociateurs?

Ni l’USFP (34 députés), ni le MP (28 députés), ni l’UC (18 députés) n’en feraient donc partie. Tous trois (80 députés), outre le PPS (22 députés), le PJD (13 députés) et le reste des partis (10 députés) représentés dans la première chambre du parlement, formeraient une opposition hétéroclite composée de 125 députés sur 395 (31,65% des élus de la Chambre des représentants). À moins que d’aucuns optent pour le soutien critique, se distinguant ainsi volontairement de l’opposition parlementaire.

Une telle configuration de la Chambre des représentants permettrait à cette coalition de centre-droite, composée des trois partis arrivés en tête des résultats des élections législatives du 8 septembre 2021, de fonctionner à l’aise. Il reste à savoir quel programme gouvernemental le gouvernement homogène de M. Akhannouch va mettre en oeuvre durant les cinq années à venir et quels hommes et femmes politiques vont se charger de l’exécution dudit programme commun aux trois forces politiques.

Quant à l’opposition hétéroclite, il est difficile, vu la faiblesse de son nombre et vu ses convictions idéologiques contradictoires, de deviner comment elle va réussir à coordonner ses efforts, voire comment fonctionner à l’unisson en vue de s’acquitter normalement et efficacement des attributions et de la mission que lui confère la Constitution. La quasi totalité de cette opposition hétéroclite est à plaindre et particulièrement le PJD, qui a dirigé deux gouvernements de 2011, à 2021 et le PPS, qui a fait partie de tous les gouvernements qui se sont succédé de 1998 jusqu’en octobre 2019, où il décide tardivement de se retirer du gouvernement PJD.


Par MOHAMED KHOUKHCHANI Meknès, le 18 septembre 2021