Le gouvernement a t-il les moyens de ses ambitions?

Loi de finances rectificative et relance économique

Une relance économique sans un investissement public conséquent, sans un signal fort de l’Etat qui donnerait de la visibilité et de la confiance aux opérateurs économiques est impensable par les temps qui courent.

Le Conseil des ministres présidé par le Roi Mohammed VI, lundi 6 juin 2020, a révélé les piliers sur lesquels reposent les orientations générales du projet de loi de finances rectificative 2020. Il s’agit de l’accompagnement de la reprise progressive de l’activité économique, de la préservation de l’emploi privé et de l’accélération de la mise en oeuvre des réformes de l’administration. Le premier pilier est le plus important car de lui se dégage la volonté sincère du gouvernement de relancer l’économie ou de maintenir le statu quo tout en limitant les dégâts et les pertes. Dans ce premier volet, il n’y a pas eu de détails sur l’intention de l’Exécutif de promouvoir l’investissement public. En attendant les mesures qui seront révélées lors du conseil de gouvernement ce mardi 7 juin, le doute plane sur la volonté de donner un élan nouveau au budget qui lui est dédié. Car les hypothèses du projet de la loi de Finances rectificative 2020 montrent un recul de 5% du PIB et un déficit budgétaire de 7,5%.

Préservation de l’emploi

Ces hypothèses ne renseignent pas sur une véritable promotion de l’investissement public. Comment? Les prévisions de Bank Al Maghrib ont été déjà basées sur une décroissance de 5% et un déficit budgétaire de 7,5% au moment où l’on ne parlait pas encore d’une stratégie de relance économique. Il est clair que le gouvernement ne veut pas creuser davantage le déficit budgétaire impacté par la baisse des ressources propres (recettes fiscales) notamment et les allocations (au Fonds spécial de gestion de la pandémie du Covid-19).

C’est dire que le gouvernement n’a pas les moyens de ses ambitions. Une relance économique sans un investissement public conséquent est impensable par les temps qui courent. D’ailleurs, la circulaire en date du 1er juillet 2020 du Chef du gouvernement corrobore la politique d’austérité pour cette année et les trois années à venir. Et le poste où il y a plus de coupures, c’est celui de l’investissement public. Saâd Eddine El Othmani, s’adressant aux ministres et directeurs des établissements publics, limite l’injection d’argent aux seuls projets en cours, lancés par le Roi ou encore ceux financés en partenariat avec des organismes internationaux. Ce premier pilier est intimement lié au deuxième, en l’occurrence la préservation de l’emploi privé. Les crédits bancaires ne suffisent pas pour la relance de l’économie sans un signal fort de l’Etat qui donnerait de la visibilité et de la confiance aux opérateurs économiques.

Aussi, le patronat ne joue pas le rôle qu’il devrait jouer dans cette relance. Il demande à ne reprendre que 20% de son personnel en chômage économique et à adopter un contrat de travail flexible qui lui permet de licencier sans avoir à payer les pots cassés et à profiter des aides sectorielles pour faire tourner au ralenti la machine. C’est donc un plan de relance bancale ou plutôt un plan qui vise à limiter les dégâts jusqu’à la fin de l’année en cours, en attendant une meilleure visibilité et sans prendre trop de risques.


1 commentaire

  • Mansour Essaïh

    7 Juillet 2020

    J’espère que le premier investissement à réaliser par l’état est la reprise de la SAMIR. Il n’y a que l’état qui puisse gérer un secteur stratégique aussi bien pour l’économie de notre pays que pour sa sécurité. S’agissant de la sécurité de notre pays, une question s’impose et mérite une réponse claire et une décision immédiate : Le Capital est-il prêt à se sacrifier et à assurer les réserves nécessaires en carburants pour la défense du pays en cas de nécessité ? La réponse claire est NON, la décision immédiate ne m’appartient pas. Une guerre même limitée et indésirable ne doit jamais être écartée de nos calculs pour défendre notre intégrité territoriale et pour récupérer nos terres encore sous occupation.

Laisser un commentaire

X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger