Le gouvernement joue avec le moral des Marocains

Prolongement des restrictions pour deux semaines supplémentaires

En prolongeant à chaque fois les restrictions sanitaires pour de courtes durées, le gouvernement pénalise les Marocains en les mettant dans le doute et l’incertitude. Jusqu’à quand?

Un nouveau prolongement des restrictions de deux semaines supplémentaires a été décidé, mardi 19 janvier 2021, par le gouvernement. Il survient après un nombre incalculable de prolongements décidés depuis l’éclatement de la Covid- 19 au Maroc.

De deux choses l’une: soit le gouvernement ne peut pas prévoir ce qui va se passer dans le futur proche quant à l’évolution de la maladie, soit il a peur de réactions imprévisibles de la part de la population en cas de prolongements longs. Tout porte à penser que la deuxième hypothèse est la plus plausible car prolonger d’un mois et plus risque probablement de susciter des réactions populaires violentes.

Mais venir à chaque fois prolonger d’une semaine ou deux n’est pas du tout une solution pour calmer les gens encore moins pour limiter la propagation du virus. Si le Chef du gouvernement attribue l’amélioration de la situation sanitaire dans notre pays aux restrictions qui ont été prises, il n’en demeure pas que leur prolongement, si l’on se fie à son raisonnement, n’a plus aucune raison d’être.

Professionnels réduits à la mendicité
L’amélioration de la situation sanitaire doit normalement conduire à des allégements des restrictions avec la réouverture des activités qui sont fermées depuis plusieurs mois telles les hammams, les salles de sports et les salles de fêtes. Bien entendu, leur réouverture devrait s’accompagner par la mise en place d’un protocole sanitaire strict construit autour de la désinfection des lieux, la distanciation sociale, le port obligatoire de masques et le lavage régulier des mains.

Il n’est pas normal d’autoriser la reprise de certaines activités comme les cafés, les restaurants, le transport public et les hôtels et laisser d’autres sur le carreau. Sachant que certains professionnels comme les «kessalas» ou encore les coaches sportifs s’adonnent à la mendicité pour survivre. D’autres, plus chanceux, aidés par leurs familles, montent des petits commerces pour vendre des objets à faible valeur ajoutée.

Alors que le gouvernement est appelé à sauver une économie marocaine au bord du gouffre, à porter secours à des entreprises en ruine et à assister des métiers en arrêt total d’activité, il continue à prolonger les restrictions pour des petites durées au nom d’une crainte de la recrudescence des contaminations. Or ces dernières sont en baisse ainsi que les cas graves et les décès, qui ont également chuté.

Il est vrai que la nouvelle variante du Coronavirus, dont le premier cas a été détecté à Tanger, fait craindre une nouvelle vague des contaminations dans le Royaume, mais force est de constater qu’on n’en est pas encore là et que ce n’est pas un prolongement des restrictions pour deux semaines supplémentaires qui va permettre au pays d’éviter une recrudescence de la maladie. Autant, dans ce cas, décréter un prolongement plus long d’un mois et plus pour épargner aux Marocains ces décisions hâtives à intervalle réduit.


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