Le gouvernement prévoit d'injecter 16 milliards de dhs dans la caisse de compensation

Une mesure importante, mais insuffisante

Pour renforcer le caractère social de son budget, le gouvernement actuel projette en 2022 d’injecter 16 milliards de dirhams pour la subvention du gaz butane, du sucre et de la farine. Une mesure par laquelle le nouvel Exécutif cherche à préserver le pouvoir d’achat des Marocains.

Depuis l’éclatement de la crise sanitaire en mars 2020 dans notre pays, les Marocains affrontent une situation économique extrêmement difficile. Outre les pertes d’emploi dans plusieurs secteurs économiques, ils ont dû faire face à une chute brutale du pouvoir d’achat, qui s’est aggravée en 2021 avec la hausse des prix pour plusieurs produits alimentaires. Pain, lentilles, riz, huile de table, huile d’olive, viande rouge, viande poulet, tous les produits de grande consommation ont connu des augmentations vertigineuses qui atteignent 100% pour certains produits.

Or, faisant de l’amélioration du pouvoir d’achat son argument électoral, le RNI, qui conduit le gouvernement actuel, est acculé à agir sur ce terrain pour respecter l’un de ses engagements vis-à-vis de ses électeurs. Parmi les récentes mesures prises dans le cadre du projet de loi des finances, on peut citer le budget de 16 milliards de dirhams alloué à la subvention publique des prix du gaz butane et des produits alimentaires, dont principalement le sucre et la farine. Ce budget est en hausse de 28% par rapport à celui de l’année dernière.

Selon les statistiques communiquées par le ministère de l’économie et des finances, la charge globale de compensation devrait s’élever à un peu plus de 14 milliards de dirhams au cours des neuf premiers mois de 2021. Pour sa part, la charge de subvention des prix du gaz butane devrait s’établir à environ 10 milliards de dirhams à fin septembre 2021. Cette estimation tient compte des quantités exposées à la consommation en gaz butane, lesquelles sont estimées à 2,03 millions de tonnes. Sur la base d’une consommation estimée à 915.000 tonnes de sucre, les dépenses de soutien du sucre raffiné devraient, quant à elles, atteindre 2,61 milliards de dirhams entre janvier et septembre, contre 2,46 milliards de dirhams une année auparavant, soit une progression de 6%.

Argument électoral
S’agissant du blé tendre et de la farine, les dépenses de leur subvention devraient s’élever à 1,46 milliard de dirhams, dont 428 millions de dirhams au titre de soutien du blé tendre importé au cours de la période du 1er février au 15 mai 2021. Si la mesure avancée dans le nouveau projet de loi des finances 2022 semble être saluée, il n’en reste pas moins qu’elle demeure insuffisante. Pour beaucoup, compte tenu de la crise économique que vivent les Marocains, le gouvernement a été en quelque sorte obligé d’apporter ce budget pour la subvention des biens de première nécessité.

Mais la tendance lourde telle que défendue par certains milieux politiques est de supprimer la Caisse de compensation. Le premier pas a été enclenché par l’ancien Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, qui a supprimé la subvention publique pour les hydrocarbures, l’huile de table et bien d’autres produits. Si le PJD s’en est toujours félicité, elle est probablement l’une des raisons principales de sa déroute électorale lors du dernier scrutin législatif et communal. Car les Marocains n’ont jamais pardonné au PJD d’avoir touché à leur pouvoir d’achat, qui ne cesse de s’effondrer sous l’effet du covid-19.