Gouvernement: La charte de la majorité arrive

Adoptée plus rapidement que sous le précédent cabinet, la nouvelle charte de la majorité tombe aussi à point nommé pour permettre à l’Exécutif de rectifier le tir et faire en sorte que ses partis tirent tous dans la même direction.

De la célérité, la majorité menée par le Rassemblement national des indépendants (RNI) en a certainement fait preuve pour acter la charte qui doit encadrer son travail au cours des cinq ans où elle doit, en principe, se trouver à la tête du gouvernement. Ses leaders, à savoir le président du RNI, Aziz Akhannouch, ainsi que le secrétaire général du Parti authenticité et modernité (PAM), Abdellatif Ouahbi, et celui du Parti de l’Istiqlal (PI), Nizar Baraka, y ont apposé leur signature ce lundi 6 décembre 2021, soit soixante-quinze jours en tout et pour tout après avoir scellé leur alliance, tandis que leurs prédécesseurs y avaient mis pratiquement un an. Mais encore?

Dans un communiqué publié dans la foulée, il a été fait référence à la “consolidation et [à l’]approfondissement de l’harmonie entre les composantes de la majorité”, cependant que c’est le même discours que l’on entendait déjà à la veille de la constitution du gouvernement Akhannouch, sans que la chose soit vraiment suivie d’effet sur le terrain.

Sujet clivant
Ainsi, c’est le manque de coordination qui a été plutôt manifeste au cours des deux derniers mois depuis l’investiture officielle, le 7 octobre 2021, dudit gouvernement. Preuve en est par exemple les débats suscités eu égard au projet de loi des finances, où l’on a vu le PI, par le truchement de l’Alliance des économistes istiqaliens (AEI), sortir du bois pour contester des mesures qui ne correspondaient pas vraiment à son programme, pas plus d’ailleurs qu’à ceux du RNI et du PAM, et maintiennent la pression fiscale sur la seule classe moyenne.

Tout comme sur le sujet encore plus socialement clivant que celui des enseignants contractuels, les trois partis ne donnent pas vraiment l’impression de parler d’une même voix, comme si aucun d’eux ne voulait en assumer le coût électoral.

Ce qui ramène par ailleurs à l’aspect social du programme gouvernemental, porté haut et fort au moment de sa présentation au parlement le 12 octobre 2021 et réitéré dans la nouvelle charte, avec en filigrane la question de la mise en oeuvre du nouveau modèle de développement (NMD) présenté le 25 mai 2021 devant le roi Mohammed VI au palais royal de la ville de Fès.

Là aussi, cela ne continue encore de constituer que des slogans -le projet de loi des finances est, à cet égard également, éloquent. En somme, une copie qui reste pour l’heure assez brouillonne et qui devra nécessairement être revue, sous peine de doucher bien des espoirs. La charte de la majorité tombe, pour ainsi dire, à point nommé. Rendez-vous début 2022 pour dresser un bilan un peu plus complet à l’occasion de l’anniversaire des 100 premiers jours du gouvernement...