Gouvernement Akhannouch: L'USFP se met out

C’est officiel: le parti de la rose ne participera pas à la prochaine majorité. Son bureau politique vient d’en décider au cours de sa réunion de ce 21 septembre 2021.

L’Union socialiste des forces populaires (USFP) aura eu beau s’agiter, le président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, ne semblait, tout compte fait, pas vraiment emballé par l’idée de compter la formation de la rose dans le gouvernement que le roi Mohammed VI l’avait chargé, le 10 septembre 2021, de former.

Et c’est dans la logique des choses qu’elle se soit donc résolue à se déclarer out, ce 21 septembre 2021, des consultations que mène, depuis le 13 septembre 2021, M. Akhannouch avec les chefs des partis ayant obtenu des sièges à la Chambre des représentants à l’issue des législatives du 8 septembre 2021, et conséquemment à se retrouver dans l’opposition. C’est le bureau politique de l’USFP, réuni deux jours après que le conseil national ait pourtant tranché, le 19 septembre 2021, en faveur d’un ralliement de la majorité pourvu qu’une “offre convenable” soit soumise à la discrétion du parti, qui en a pris la décision.

“Servir le pays”
Mais cette offre convenable n’est donc jamais venue. Depuis le début des consultations, l’USFP a été seule, à vrai dire, à être demandeuse, son premier secrétaire, Driss Lachguar, déclarant à l’issue de ses consultations avec M. Akhannouch aux médias que les deux hommes en avaient profité pour “mettre en avant les efforts déployés par le RNI et l’USFP, conformément aux hautes orientations royales, en vue de servir le pays”, tandis que le président du RNI restait bien silencieux.

En même temps que le premier secrétaire du Parti authenticité et modernité (PAM), Abdellatif Ouahbi, parlait de “signes positifs”, et celui du Parti de l’Istiqlal (PI), Nizar Baraka, d’une “proposition”. Et beaucoup d’observateurs n’avaient pas compris la décision de l’USFP de réunir son conseil national pour trancher sur sa participation ou non au gouvernement, au point de s’être dits que M. Lachguar avait, sous le boisseau, obtenu des assurances de la part M. Akhannouch.

Mais il fut rapidement entendu qu’il s’agissait là davantage de manoeuvres visant justement à assurer le maintien de l’USFP au gouvernement, qu’il avait retrouvé en avril 2017 après un peu plus de cinq ans dans l’opposition.

Ce qui fut notamment apparent dans l’édition du 16 septembre 2021 du quotidien arabophone du parti, à savoir Al-Ittihad Al-Ichtiraki, où un éditorial avait fustigé le discours de campagne de M. Ouahbi accusant M. Akhannouch d’acheter la première place de son parti aux législatives, et s’était présenté comme le véritable allié du RNI. Des arguments qui ne semblent, toutefois, pas avoir fait mouche auprès de M. Akhannouch, bien parti, à l’évidence, pour une alliance tripartite RNI-PAM-PI.

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