Programme gouvernemental: Akhannouch affiche ses ambitions

Intervenant ce 11 octobre 2021 au parlement, le nouveau chef du gouvernement a clamé haut et fort ses ambitions pour son mandat. Réussira-t-il à mener celles-ci à bout?

“Cohésion sociale”, “égalité des chances”, “efficacité”, “transparence”: c’est, le moins que l’on puisse dire, tout un programme que le nouveau Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présenté ce 11 octobre 2021 au parlement, en guise de mise en bouche de la politique que son cabinet compte mener au cours de son mandat, prévu pour s’étaler sur les cinq prochaines années. Pendant près d’une heure, celui qui occupe par ailleurs le poste de président du Rassemblement national des indépendants (RNI) est, ainsi, revenu plus en détail sur ce qu’il avait déjà abordé succinctement au moment d’annoncer, le 20 septembre 2021, la formation de la nouvelle majorité avec le Parti authenticité et modernité (PAM) et le Parti de l’Istiqlal (PI), dans ce qui constitue un exercice consacré par la Constitution.

Ceux qui ont suivi la campagne victorieuse du RNI pour les législatives du 8 septembre 2021, qui a permis au parti de retrouver un statut de première force politique nationale dont il ne s’était plus prévalu depuis le tournant des années 1980 et donc de retrouver la tête de l’Exécutif en la personne de M. Akhannouch, y verront, même, un renvoi aux promesses tenues aux cours des différents meetings électoraux, car on ne manque en effet pas de retrouver dans le programme du nouveau gouvernement de nombreux éléments communs.

Nouvelles règles
Priorité parmi ces éléments, comme on peut le deviner: l’implémentation du nouveau modèle de développement (NMD), sur laquelle le roi Mohammed VI avait, trois jours avant le discours de M. Akhannouch, lourdement insisté dans la traditionnelle allocution qu’il donne chaque année à l’ouverture de la session parlementaire d’automne. M. Akhannouch, qui dès sa nomination le 10 septembre 2021 au palais royal de la ville de Fès s’était entre autres engagé à “mettre en oeuvre les grands chantiers et stratégies de Sa Majesté le Roi”, ne compte ainsi pas y déroger, et a confié vouloir faire de ce NMD l’alpha et l’oméga de son action gouvernementale, ou ce que le Souverain a qualifié de “cadre général propice à l’action et apte à instaurer de nouvelles règles, à ouvrir de larges perspectives devant chacun et tous”.

Ce qui, concrètement, doit notamment se traduire par une politique sociale accrue consistant, d’une part, à mener à bout certains chantiers de longue date tels celui du registre social unifié (RSU), censé, à terme, aider de façon plus ciblée les plus nécessiteux au lieu des quelque 140 programmes actuels qui constituent un véritable trou financier pour l’État, et d’autre part accélérer une multitude de projets tel celui de la mise à niveau du système de santé, que M. Akhannouch avait, dès juillet 2019, affiché l’ambition de prendre en main et dont il vient de confier les rênes à la nouvelle mairesse RNI de Casablanca, Nabila Rmili.

Mais il s’agit aussi de rendre effectives certaines initiatives qu’au cours des deux dernières législatures, le Parti de la justice et du développement (PJD) a complètement laissées de côté, comme la régionalisation et l’emploi des jeunes, mis en exergue par le roi Mohammed VI dans son discours d’ouverture du parlement du 13 octobre 2017 où il avait pour la première fois abordé le NMD, ou encore l’officialisation de l’amazigh. Rendez-vous dans cent jours pour faire un premier bilan.