Ghizlane Mouhtaram et Hakim Chergui : "Notre rôle en tant qu’avocats est de privilégier le droit et la justice"


Avocats des familles des victimes, Ghizlane Mouhtaram, du barreau de Casablanca, et Hakim Chergui, du barreau de Paris, nous éclairent sur éclairent la complexité des crimes commis, les démarches juridiques à venir, et les réponses -encore partielles- des gouvernements impliqués.

Pouvez-vous nous éclairer sur la nature des crimes qui ont été commis lors de cet événement tragique et ce que cela implique juridiquement?
Ghizlane Mouhtaram: D’après le témoignage du seul témoin visuel, Mohammed Kissi, il est indéniable que nous sommes face à des actes extrêmement graves. Des témoignages qui n’ont pas été contredits par le ministère de la défense algérien d’ailleurs.


Hakim Chergui: Les victimes, des ressortissants franco-marocains, ont franchi une frontière sans le savoir et se sont rendues coupables d’entrée illégale. Cependant, le rôle des garde-côtes est de secourir les personnes en détresse, non de les attaquer. Ici, non seulement ils ont tiré sur les victimes, s’adonnant à un acte d’assassinat, mais ils ont également commis le délit de non-assistance à personne en danger et de détournement de navire, le jet-ski étant considéré comme tel selon le droit international.

Dans le contexte actuel des relations entre le Maroc et l’Algérie, quelles sont les démarches juridiques que peuvent entreprendre les familles des victimes?
Ghizlane Mouhtaram: La famille du défunt possède le droit de demander le rapatriement du corps sans l’intervention du gouvernement marocain. En ce qui concerne les allégations circulant sur des demandes financières, il s’agit de fake news. Hakim Chergui: Je souhaite ajouter que, même s’il est possible que nous rencontrions des obstacles administratifs ou politiques, l’Algérie ne demandera pas de rançon. Notre rôle en tant qu’avocats est de privilégier le droit et la justice plutôt que de céder à des émotions qui peuvent alimenter les préjugés et le racisme.

Avez-vous reçu des réponses des gouvernements français ou algérien concernant le rapatriement des corps ?
Ghizlane Mouhtaram: Pour l’instant, nous n’avons reçu aucune information officielle. Cependant, une discussion officieuse avec le ministère des Affaires étrangères français nous a permis d’apprendre qu’il n’y aurait pas d’opposition française à recevoir le corps sur leur territoire.

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