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LES GÉNÉRAUX ALGÉRIENS EN FOLIE, ACTE II

SORTIE OUTRANCIÈRE DE LA JUNTE ALGÉRIENNE

Si l’objectif final d’Alger est d’exporter les crises internes qu’elle essuie de ce côté-ci de l’oued Kiss, elle serait bien inspirée de chercher un scénario plus original.

Maroc Hebdo n’aurait sans doute mieux pu titrer son édition hebdomadaire du vendredi 19 février 2021: les généraux algériens sont vraiment en folie (lire nº1382)! Et ce n’est pas le communiqué dont vient de se fendre ce dimanche 21 février 2021 le ministère de la Défense de la voisine de l’Est à l’encontre des “ignares à la solde des services du Makhzen marocain et sionistes” -oui, vous avez bien lu- qui va, malheureusement, nous démentir.

Car à un moment où il est plus qu’impératif de raison garder et de travailler de concert pour relever les nombreux défis auxquels fait face la région du Maghreb arabe dans son ensemble, la junte algérienne donne l’impression de vouloir coûte-que-coûte entretenir une crise avec le Maroc, quand bien même ce dernier met depuis plus de deux ans sur la table la proposition de la mise en place d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation -encouragée, entre autres, par le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) en personne. Il y a d’abord, donc, la teneur proprement ordurière du communiqué susmentionné, publié en réponse à “des allégations dénuées de tout fondement” voulant que l’armée algérienne s’apprête à se déployer sur demande de la France au Sahel.

Un nouveau prétexte?
Parler, ainsi, de “Makhzen” pour désigner le Maroc, dans une volonté visible de fustiger, ne saurait du tout faire honneur à un pays comme l’Algérie et donne, au contraire, une image pathétique de ses dirigeants. Tout aussi affligeant est, ensuite, le tissu de fake news que le ministère de la Défense algérien accumule en quelques lignes seulement. Les “allégations” auxquels celui-ci fait référence seraient, explique-til, dues à “certaines parties et porte-voix de la discorde”, qu’on comprend plus tard comme ayant été soi-disant instrumentalisées par le Maroc.

Ce qui rejoint des accusations plusieurs fois réitérées au cours des dernières semaines par le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement algérien, Ammar Belhimer, quant au recrutement en ligne par le Royaume de centaines d’agents ayant pour but selon lui de déstabiliser l’Algérie. Sauf que si des informations sont bien sorties sur un éventuel renforcement de la présence militaire d’Alger dans le corridor sahélien, elles sont tout simplement dues… au président français, Emmanuel Macron.

Celui-ci avait en effet déclaré, au cours du dernier sommet du G5 Sahel tenu dans la capitale du Tchad, N’djamena, avoir eu “eu la confirmation d’un réengagement algérien et marocain”. Si la junte algérienne tient tant à faire savoir qu’elle est maître de ses décisions, pourquoi ne pas avoir dès lors réagi? Ou s’agit-il simplement d’un nouveau prétexte pour attaquer le Maroc, alors qu’une véritable campagne de presse reconnue par M. Belhimer lui-même est actuellement menée contre Rabat en Algérie -le ministre avait déclaré le 8 février 2021 au quotidien El Massa que “ce que font [les] médias [algériens] qui fournissent des informations et des nouvelles fiables est devenu un inconvénient pour le régime marocain et affecte l’opinion populaire au Maroc”? Si son objectif final est d’exporter les crises internes qu’elle essuie -politiques et économiquesde ce côté-ci de l’oued Kiss, Alger serait bien inspirée de chercher un scénario plus original...