Les généraux d’Alger prennent pour cible Maroc Hebdo

L'ÉTAT VOYOU REFAIT DES SIENNES


Des menaces en direction de Maroc Hebdo ont été exprimées par le chef d’état-major de l’armée et dirigeant de fait de la junte militaire, à savoir le général Saïd Chengriha.

Certains de nos amis de l’Est s’étaient offusqués qu’en novembre 2022 nous ayons parlé en couverture d’“État voyou” pour qualifier le pouvoir politico- militaire actuellement aux commandes de l’Algérie (lire nº1460, du 4 au 10 novembre 2022). Ils n’étaient, certes, pas allés jusqu’à faire tomber notre site comme cela a été le cas ce 15 mars 2023 -félicitations, soit dit en passant, au(x) hacker(s) d’avoir porté un coup bas au régime du Makhzen, objectif apparemment visé-, mais les réactions avaient été suffisamment déchaînées pour confirmer notre diagnostic.

En effet, il était devenu encore plus évident que nous avions en face de nous, de l’autre rive de l’oued Kiss, de fieffés bandits qui n’envisagent les rapports, qu’ils soient étatiques ou simplement humains, que sous les auspices de la force, et qui n’agissent qu’à l’aune de cette dernière.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avions dit dans notre dernier numéro que le langage adopté par le régime algérien et ses canaux à l’égard de l’affaire de la carte du Sahara oriental ne nous avait pas le moins du monde surpris.

Car alors que, de notre côté, nous avions pris le temps de présenter la question de cette région historiquement marocaine de façon argumentée, en mettant en exergue les différentes considérations d’ordre politique, diplomatique et même démographique, nous n’avons eu droit, en échange, qu’à un flot d’injures, visant non seulement le journal mais l’ensemble du Maroc et de son peuple (et qui, pour certaines, n’ont pas été sans rappeler les chants racistes entonnés lors du dernier Championnat d’Afrique des nations (CHAN) par les supporters algériens à l’encontre des Marocains, assimilés à des “animaux”).

Et dans le lot, il y a eu bien sûr les menaces on ne peut plus officielles exprimées d’abord le 9 mars 2023 par le président de l’assemblée populaire nationale (APN) algérienne, Ibrahim Boughali, puis ce 15 mars 2023 -jour même de l’attaque cybernétique contre le site de Maroc Hebdo- du chef d’état-major de l’armée et dirigeant de fait de la junte militaire, à savoir le général Saïd Chengriha.


Ce dernier a notamment mis en cause, dans une allocution donnée lors d’une visite de travail et d’inspection à la 6ème région militaire à Tamanrasset, les “ennemis des peuples et (...) leurs agents, qui ont commencé à mobiliser leurs porte-parole médiatiques et quelques plumes payées, dans l’objectif de porter atteinte à la réputation de l’Algérie, d’attaquer ses institutions et de remettre en cause ses fondements historiques et géographiques.”

Et, dans le même sillage que M. Boughali, il a affirmé que “les éléments de l’armée nationale populaire [algérienne] sont déterminés plus que jamais à couper toute main qui s’étend jusqu’à sa terre”; ce qui revient à insister pour déplacer de force vers le registre de la guerre un débat qui, au niveau du Royaume, reste pour l’heure strictement académique et médiatique (il est utile de rappeler que depuis le propos originel, le 21 février 2023, de la directrice des Archives royales, Bahija Simou, sur la marocanité historique du Sahara orientale, aucune partie gouvernementale marocaine ne s’est prononcée à ce propos).

Chose également intéressante à souligner, la 6ème région militaire algérienne comprend notamment la wilaya de Bordj Badji Mokhtar, qui avait été incluse dans la carte du Sahara oriental que nous avions mise en couverture, et il faut se demander si c’est sciemment que M. Chengriha a choisi d’y faire son adresse.

En tout cas, voilà, en gros, le fond présent du discours de la junte militaire, car il a besoin d’être énoncé plus clairement pour que sa véritable teneur apparaisse à tous sous son vrai jour: vous pouvez bien discourir et expliquer que le Sahara oriental vous appartient, que ses habitants ont des siècles durant prêté allégeance aux sultans du Maroc, que, oui, le président du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) vous avait promis des “négociations” à l’indépendance, mais il est maintenant à nous et, comme on le dirait en darija, “celui qui parle saignera du nez”.

Ne peut-on justement pas reconnaître là les manières de voyous, et plus précisément d’un État voyou? Qu’importe, et même si la junte militaire continuera à noyer le poisson en taxant le Maroc d’expansionnisme alors que c’est elle qui a annexé le Sahara oriental et une partie du Sahara tunisien et lorgne aussi sur le Fezzan libyen, ce n’est plus le lieu de mettre le dossier de l’ensemble des frontières maghrébines en sourdine, car de toute façon la construction du Grand Maghreb reste tributaire de sa résolution finale.

“Lorsque les gens de la vérité se taisent face au mensonge, les gens du mensonge pensent qu’ils ont raison,” aurait un jour dit l’imam Ali. Alors que nous commémorons, ce 17 mars 2023, son probable 1424ème anniversaire, sa parole est sans doute le crédo à adopter face aux affabulations de la machine de propagande d’Alger...

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