Faut-il généraliser la Chloroquine ?

Polémique entre plusieurs médecins Marocains

La question fait débat entre spécialistes en attendant que les autorités sanitaires tranchent.

Professeur Chakib Laraki, pneumologue à Casablanca, ayant son cabinet médical sur la rue Lalla Yakout, vient de jeter un pavé dans la mare. Il préconise la prescription de l’hydroxychloroquine associée à l’azithromycine aux malades qui présentent des symptômes pseudo-grippaux sans passer par le dépistage du Covid-19. «C’est mon avis personnel, qui pourrait être bien évidemment contesté. Mais, vu mon expérience de 40 ans en tant que pneumologue, je pense que traiter ces malades doit répondre à une urgence sanitaire dans notre pays», nous déclare-t-il.

M. Laraki avance aussi comme arguments que le test de dépistage au Maroc est trop coûteux et, de ce fait, inaccessible pour de très nombreux malades. «Or, ne pas traiter ces derniers ou retarder leur traitement à la chloroquine pourrait être un vecteur dangereux de propagation rapide de la maladie», estime ce médecin de 70 ans. Autre point soulevé par Professeur Laraki, «le test de dépistage pratiqué au Maroc, à savoir le PCR, considéré comme fiable, n’est pas garanti à 100%. Le pourcentage d’erreur est quand même de 40%».

Une proposition hasardeuse
Toutes ces données, auxquelles s’ajoute la situation sanitaire nationale, qui s’aggrave chaque jour davantage, ayant franchi déjà la barre des 1.000 cas confirmés et plus de 80 morts, ont poussé ce pneumologue à généraliser la chloroquine à tous les malades présentant des symptômes pseudo-grippaux même en l’absence de test de dépistage. Beaucoup de médecins, qui sont d’accord avec lui, soutiennent également l’idée que la grippe normale ne survient pas pendant le mois d’avril.

La grippe normale ou encore saisonnière survient surtout de septembre à février. Ce qui suppose que toute maladie avec des infections pneumoniques doit être considérée ou assimilée au Covid-19. D’autres médecins ne l’entendent pas de cette oreille. Parmi eux, Professeur Jaafar Heikal, spécialiste des maladies infectieuses et en épidémiologie. Propriétaire de nombreuses cliniques à Casablanca, Professeur Heikal considère que la proposition de son confrère Chakib Laraki est hasardeuse. Il estime, en effet, que la prescription de la chloroquine doit être prudente compte tenu des effets qui pourraient s’avérer désastreux sur le rythme cardiaque du patient.

Pour Jaafar Heikal, «la chloroquine fait partie d’un protocole thérapeutique destiné à traiter le Covid-19, selon la décision officielle des autorités sanitaires marocaines. Et pour s’assurer que le patient porte le Covid-19, il doit se soumettre au test de dépistage pratiqué dans les différents laboratoires d’analyses sous l’autorité et la supervision du ministère de la Santé», estime-t-il. Le débat est ainsi lancé sur la scène publique en attendant d’y voir plus clair.


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