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DIALOGUE SOCIAL

Campant chacun sur sa position de reporter ou mettre immédiatement en oeuvre l’augmentation du SMAG et du SMIG, syndicats et patrons semblent bien loin de pouvoir accorder leurs violons. Le gouvernement, quant à lui, est aux abonnés absents.

Cela fait plus de deux mois que le salaire minimum agricole garanti (SMAG) et le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) doivent être augmentés, en application de l’accord qu’avaient trouvé fin avril 2019 les syndicats avec le patronat sous l’égide du gouvernement.

Ainsi, une première augmentation avait, dans le cadre de cet accord, été opérée le 1er juillet 2019 et porté le SMAG à 1903,72 dirhams et le SMIG à 2698,83 dirhams. Et elle devait donner suite, à partir du 1er juillet de cette année, à une deuxième augmentation, laquelle aurait dès lors permis au SMAG de s’établir à 1.994,20 dirhams et au SMIG à 2.828,71 dirhams. Combinées, ces deux augmentations doivent constituer une hausse de 10% par rapport aux SMAG et au SMIG précédents -de respectivement, avant, 1813 et 2570,86 dirhams.

Or que le patronat, en invoquant la situation exsangue que connaît depuis près de six mois l’économie nationale du fait de la pandémie de Covid-19, rechigne à procéder pour l’heure à la deuxième augmentation et demande à ce qu’elle n’entre en vigueur que le 1er janvier 2021.

Menace sur l’emploi
Le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Chakib Alj, avait ainsi plaidé, le 9 septembre 2020 lors d’un point presse tenu au siège de l’organisation patronale à Casablanca, pour une généralisation, plutôt, de l’indemnité pour perte d’emploi (IPE) à tous les secteurs, le temps que la machine économique soit relancée. Il a, dans ce sens, averti du fait que l’application de la deuxième augmentation du SMAG et du SMIG serait de nature à menacer l’emploi, dont le marché est déjà, a-t-il souligné, sous tension.

Cependant que les syndicats persistent et signent. Pour eux, le patronat se doit, peu importe la Covid-19, mettre en oeuvre l’accord de 2019 à la lettre. Position qu’ils avaient fait savoir au Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, au cours de leur rencontre avec lui le 10 juillet. Plus généralement, les syndicats se sont sentis exclus, ces derniers mois, au niveau de la prise de décision quant aux mesures à adopter pour endiguer les répercussions économiques de la Covid-19.

Ainsi, ils n’avaient pas été, à rebours de la CGEM, conviés pour siéger au sein du Comité de veille économique (CVE), en dépit de leur qualité de représentants des travailleurs. La confiance semble, pour ainsi dire, entamée entre les différents partenaires sociaux, et la méfiance, pour un certain temps encore, appelée à prévaloir.


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