L'activation du gazoduc maghreb-europe remet en service les centrales électriques de Tahaddart et Ain Béni Mathar

Le scénario maléfique d’Alger tombe à l’eau

Après sept mois de mise en veilleuse de leurs activités, les centrales électriques de Tahaddart et Ain Béni Mathar ont été remises en service après qu’elles aient été connectées à nouveau au réseau via le Gazoduc Maghreb-Europe. «L’approvisionnement de ces deux centrales est assuré par ce pipeline via l’interconnexion gazière Maroc-Espagne fonctionnant en mode Flux Inverse», précise un communiqué en date du 6 juillet 2022 de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et de l’Office national des hydrocarbures et des Mines (ONHYM).

Le Royaume assure donc son approvisionnement en gaz naturel en concluant des contrats d’achat de GNL sur le marché international et en utilisant les infrastructures gazières des opérateurs espagnols et le Gazoduc Maghreb-Europe. Les premières livraisons du Gaz naturel liquéfié (GNL), achetées par le Maroc et acheminées par l’Espagne, proviennent des Etats-Unis, rapporte le journal espagnol La Vanguardia.

Dans le détail, cette première cargaison a été déchargée à l’usine de regazéification de Bilbao pour être ensuite injectée dans le gazoduc Maghreb-Europe (sens inversé), en direction du sud. Pour rappel, c’est précisément mardi 28 juin que le réseau gazier espagnol a commencé à exporter du gaz vers le Maroc, se référant aux données de Enagas, l’entité publique chargée du tronçon espagnol du GME et gestionnaire du système gazier en Espagne. Quelques heures plus tard, Enagas assurait avoir mis en place une «procédure de certification qui garantit le gaz exporté vers le Maroc via le GME n’est pas d’origine algérienne et que l’interconnexion fonctionnera avec les règles techniques de l’Union européenne».

Le jour même, comme à son accoutumée, l’Algérie n’avait pas raté l’occasion de réagir à cette décision prise par l’Espagne et le Maroc d’activer dans le sens inverse le Gazoduc Maghreb-Europe (GME). «Jusqu’à aujourd’hui, le gaz algérien exporté n’a pas été transférée vers un autre pays», a déclaré dimanche 3 juillet 2022 le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar. Dans ses déclarations aux médias algériens, le responsable a affirmé qu’en cas de non-respect de la «clause de destination», «la Sonatrach est parfaitement en droit de prendre les mesures nécessaires».

Il relaye le même message de menace proféré le 27 avril par le ministre algérien de l’Energie, Mohamed Arkab. Ce dernier avait affirmé que «tout acheminement de gaz naturel algérien livré à l’Espagne, dont la destination est autre que celle prévue dans les contrats, sera considéré comme un manquement aux engagements contractuels, et par conséquent, pourrait aboutir à la rupture du contrat liant la Sonatrach à ses clients espagnols».

Finalement, le dessein de la junte militaire, visant à mettre à genoux le Maroc en lui coupant l’approvisionnement du gaz naturel via le Gazoduc Maghreb-Europe, est tombé à l’eau. Le réapprovisionnement des deux centrales électriques de Tahaddart et Ain Béni Mathar est synonyme d’un grand fiasco algérien. A coup sûr, les généraux d’Alger se sont tiré une balle dans le pied.