Le gaz hilarant, la nouvelle drogue des adolescents

DÉTOURNÉ DE SON USAGE ORIGINEL

C’est un fléau qui gagne du terrain et menace de détruire des jeunes en quête de moments d’euphorie. C’est la nouvelle “mode” ou la nouvelle drogue chez les adolescents et écoliers. Ses dangers sur leur santé sont encore méconnus.

A proximité des écoles ou des night-clubs, des capsules grises et des ballons, contenant du protoxyde d’azote, autrement dit, du gaz hilarant, sont répandues un peu partout. En principe et naturellement utilisées pour faire la crème chantilly dans les restaurants ou dans les hôpitaux pour anesthésier, ces capsules, de plus en plus d’écoliers, étudiants et autres jeunes s’en servent en inhalant le gaz qu’elles contiennent, prisé pour ses effets euphorisants.

Quelques bouffées inhalées dans un ballon de baudruche provoquent vertiges et surtout, des fous rires durant une trentaine de secondes. Les accros à cette nouvelle drogue, qui sont attirés par son effet immédiat et exaltant, gagnent aussi en énergie après avoir absorbé le gaz et s’offrent quelques minutes de fou rire, leur causant souvent une perte de connaissance, nous confie Issam, 16 ans, lycéen dans une école publique au quartier Maârif, à Casablanca.

Tradition inhabituelle
La nuit, à Casablanca, Marrakech ou Tanger, dans les boîtes de nuit, les jeunes partagent de bons moments un peu spéciaux, en quête de quelques minutes d’euphorie. Ces boîtes de nuit sont ravagées par le protoxyde d’azote. Ce gaz dangereux est mis dans des petites cartouches, des ballons de baudruche ou des bombes de chantilly pour ne pas attirer l’attention des gens de la sécurité ou des vigiles. Dans certains nightclubs casablancais, une tradition inhabituelle prend place, à une heure tardive, à 4 heures ou 5 heures du matin, l’heure de la fermeture. Pour des clients «spéciaux», les gérants offrent des cocktails accompagnés de ballon contenant du protoxyde d’azote.

Le pack est offert entre 120 et 400 dirhams. Ce gaz hilarant, importé de Chine et des Pays-Bas, n’est pas sans dangers. Le Centre antipoison du Maroc (CAPM) avait déjà mis en garde contre l’utilisation de ce gaz nocif. Il a attiré l’attention sur les dangers que constitue ce produit sur la santé. L’inhalation de grandes quantités peut avoir des conséquences immédiates surtout neuropsychiatriques (euphorie, anxiété, panique, vertiges, céphalées...), picotements au niveau des membres avec faiblesse musculaire, gelures du nez, des lèvres, du larynx et des poumons.

Parmi les autres symptômes figurent l’hyperthermie maligne, la perte de conscience, l’arrêt cardiaque chez les personnes souffrant de problèmes cardiovasculaires et attentionnels avec risque de décès. A forte dose, le gaz hilarant peut être la cause d’une hypoxie (manque d’oxygène) pouvant entraîner la mort. L’usage chronique peut entraîner l’impuissance sexuelle chez l’homme et la réduction de la fertilité féminine ainsi que des hallucinations.


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