Gaz: L'Algérie perd sa place de premier fournisseur de l'Espagne

La décision de l’Algérie de faire chanter l’Espagne par le biais de son gaz s’est bel et bien retournée contre elle. Selon les derniers chiffres de l’opérateur gazier espagnol Enagas, les États-Unis et la Russie ont officiellement supplanté la voisine de l’Est en tant que premiers fournisseurs du royaume ibérique. Au cours du premier semestre de l’année 2022, les gaz américain et russe ont représenté 34 et 24% des achats espagnols, contre 22% pour le gaz algérien.

En volume, la baisse de ce dernier se situe au niveau de 40%. Bien entendu, la part de l’Algérie n’aurait pas connu un tel recul n’était l’utilisation qu’elle a tenté de faire ces derniers mois de son gaz pour pousser l’Espagne à revenir sur sa décision d’appuyer l’initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie au Sahara marocain. Alger avait par exemple menacé de cesser ses livraisons à la partie espagnole s’il s’avérait que cette dernière les revendait au Maroc, puis, au prétexte d’une augmentation des prix consécutive à la guerre en Ukraine, avait fait part de son intention d’augmenter les prix. Sans compter, au niveau bilatéral global, que la capitale algérienne s’est montrée véhémente notamment à l’encontre du ministre des Affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, insulté à longueur de dépêches par l’agence officielle Algérie presse service (APS). De fait, l’Algérie se retrouve perdante et financièrement, puisqu’elle voit lui échapper un de ses principaux marchés internationaux, et diplomatiquement, dans la mesure où ses possibilités d’influence se réduisent par là même comme une peau de chagrin.

Et l’hémorragie pourrait bien ne pas s’arrêter là, étant donné que d’autres pays européens à l’instar de l’Italie, qui ont été échaudés par l’attitude algérienne, s’apprêteraient aussi à changer de cap quant à leur approvisionnement gazier. C’est cela sans doute jouer aux apprentis sorciers…