Gaz: Quand Alger met (inutilement) son véto contre le Maroc

La voisine de l’Est ne souhaite pas que le Royaume obtienne par des chemins de traverse son gaz d’autres parties. Mais la partie marocaine n’a de toute façon jamais pensé procéder de la sorte et envisage des alternatives plus prosaïques.

Non seulement l’Algérie a coupé, depuis le 1er novembre 2021, les livraisons directes de gaz au Maroc, mais en plus elle a fait en sorte que le Royaume ne se le voie pas revendu. Selon le quotidien espagnol El Mundo, qui a révélé l’information dans son édition de dimanche 7 novembre 2021, l’Espagne a reçu pour consigne de la part de la voisine de l’Est de garder pour elle le gaz qui lui parvient par l’intermédiaire du gazoduc Medgaz, qui rejoint la péninsule Ibérique par le biais de la Méditerranée, alors que le bruit courait que la partie marocaine voudrait le lui acheter et le faire transiter en passant par le gazoduc Maghreb- Europe. El Mundo assure même qu’à ce propos, il est question d’un contrat écrit.

Toutefois, l’information voulant que le Maroc chercherait à obtenir le gaz algérien paraît tirée par les cheveux, et, selon différentes sources, s’il a bien été question d’un recours à Maghreb-Europe pour assurer l’approvisionnement du marché marocain, ce serait plutôt dans le cadre d’une opération où du gaz naturel liquéfié (GNL) se verrait regazéifié en amont dans les unités spécialisées que compte l’Espagne mais seulement en attendant que Rabat se dote de ses propres unités.

Ce qu’avait notamment confirmé, le 18 octobre 2021, “un haut responsable marocain” auprès de l’agence de presse britannique Reuters. Et qui dit GNL élimine d’emblée le gaz algérien, qui, lui, arrive en Espagne dans son état gazeux.

Unités marocaines de gazéification
À cet égard, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a révélé au cours de son passage de ce lundi 8 novembre 2021 à la Chambre des représentants que des discussions étaient toujours en cours avec des partenaires internationaux au sujet de l’établissement d’unités marocaines de gazéification du GNL, et qu’“actuellement, le ministère [était] en train de vérifier les données avec les sociétés concernées, en vue de définir les détails du projet: la structuration, le financement, les conditions des contrats d’achat de gaz, etc.”. Dans ce sens, il y a lieu de rappeler que dans la semaine ayant suivi son installation le 8 octobre 2021, Mme Benali avait procédé au prolongement de dix jours, à partir du 15 octobre 2021, de l’appel d’offres relatif à la mise en place d’unité de gazéification au Maroc.

A terme, l’objectif est que le Maroc parvienne à assurer des besoins de l’ordre de 3 milliards de mètres cubes, dont 1,4 milliard pour l’industrie, à travers un schéma progressif s’étalant sur vingt ans. Les futures unités verront le jour soit au niveau du port de Nador West Med, soit celui de Kénitra Atlantique, soit celui de Jorf Lasfar, soit celui de Mohammedia, et devra “être compatible avec les infrastructures maritimes du terminal d’accueil”. Rien donc qui implique de près ou de loin l’Algérie et son gaz.