Gaspillage de l'eau : les autorités serrent la vis

Face au stress hydrique que traverse le Maroc à cause de la sécheresse, les autorités locales ont mis en place des mesures pour lutter contre l’usage abusif du liquide précieux. Quitte à sanctionner lourdement les récalcitrants.

La traque aux gaspilleurs d’eau. C’est l’opération lancée dans plusieurs villes du Maroc par les autorités locales pour lutter contre l’usage abusif du liquide vital. Plusieurs garages de lavage de voitures de Rabat qui utilisaient de l’eau potable de manière exagérée dans leurs activités ont récemment été contraints de baisser les rideaux pour gaspillage. Même réalité dans la cité voisine de Salé, où bon nombre d’établissements qui s’adonnaient à la même pratique ont écopé de la même sanction suite à un contrôle de leurs factures d’eau et d’électricité. Seuls ceux utilisant l’eau des puits ont été épargnés.

Ces vastes opérations de fermeture ont été déployées après la Pour les autorités, la rationalisation de l’eau issue des nappes phréatiques est une urgence de l’heure. Le tarissement des ressources hydrauliques constaté depuis plusieurs années, s’est principalement accentué cette année, sous l’effet du changement climatique. «Entre 1960 et 2020, la disponibilité par habitant des ressources en eau renouvelables est passée de 2.560 m3 à environ 620 m3 par personne par an, plaçant le Maroc dans ce qui est considéré comme une situation de stress hydrique structurel (inférieur à 1.000 m3 ), se rapprochant rapidement de seuil absolu de pénurie d’eau de 500 m3 par personne par an», confirme la Banque mondiale, dans un récent rapport sur l’impact de la sécheresse sur la publication d’une circulaire du ministère de l’Intérieur datée du 19 juillet 2022.

Dans ce document envoyé aux walis des régions et aux gouverneurs des préfectures, des provinces et des préfectures d’arrondissements, le ministre Abdelouafi Laftit leur demande de prendre les mesures adéquates pour lutter efficacement contre le gaspillage de cette ressource rare dans un contexte de stress hydrique causé par la sécheresse. Parmi celles-ci, l’interdiction de l’usage de l’eau potable dans certaines activités comme l’arrosage des espaces verts et des golfs, le lavage des voies et places publiques, les prélèvements illicites d’eau au niveau des forages, des puits, des sources, des cours d’eau et des canaux de transport d’eau.

Pour les autorités, la rationalisation de l’eau issue des nappes phréatiques est une urgence de l’heure. Le tarissement des ressources hydrauliques constaté depuis plusieurs années, s’est principalement accentué cette année, sous l’effet du changement climatique. «Entre 1960 et 2020, la disponibilité par habitant des ressources en eau renouvelables est passée de 2.560 m3 à environ 620 m3 par personne par an, plaçant le Maroc dans ce qui est considéré comme une situation de stress hydrique structurel (inférieur à 1.000 m3 ), se rapprochant rapidement de seuil absolu de pénurie d’eau de 500 m3 par personne par an», confirme la Banque mondiale, dans un récent rapport sur l’impact de la sécheresse sur la croissance économique du Royaume. Toujours dans ce document, l’institution de Bretton Woods exhorte aussi le gouvernement marocain à réformer la gouvernance de l’eau. «Une surveillance plus active de l’utilisation des eaux souterraines est également une priorité pour faire face à leur surexploitation, mais pour que de telles mesures soient mises en œuvre, une réforme de la gouvernance est nécessaire», préconise-t-elle.

Stop au gaspillage !

Parallèlement à l’identification des gaspilleurs, les autorités locales impliquent les sociétés délégataires de la distribution du liquide précieux dans cette lutte. C’est le cas par exemple dans les provinces d’El Jadida et de Sidi Bennour. Dans un communiqué publié le 23 juillet 2022, la Régie autonome intercommunale de distribution d’eau, d’électricité et de gestion de l’assainissement liquide de ces deux localités (RADEEJ) annonçait son recours d’urgence à la réduction du débit d’eau potable à partir du 25 juillet. D’après l’entreprise, cette décision, qui s’inscrit dans le cadre des directives du ministère de l’Intérieur, a été prise suite à la hausse de la consommation de l’eau. «Cette mesure intervient en raison de l’état d’urgence hydrique décrété par le Royaume, à la suite des changements climatiques et de la baisse des précipitations qui ont fortement impacté la nappe phréatique et le taux de remplissage des barrages», souligne-t-elle.

Cette circulaire du ministère intervient plus deux semaines après le lancement de la campagne de sensibilisation «Stop au gaspillage de l’eau» lancée le 30 juin 2022 par le ministère de l’Équipement et de l’Eau. D’après le département de Nizar Baraka, cette initiative, qui s’étalera sur deux mois, vise à «tirer la sonnette d’alarme» face à la sécheresse que connaît le Maroc et d’alerter les citoyens sur l’urgence du moment. «Aujourd’hui, l’eau est devenue rare et chaque goutte compte. Une consommation responsable de l’eau devient donc un acte citoyen et de solidarité nationale», indiquait le ministère dans un communiqué. Une campagne qui cible toute la population marocaine aussi bien en milieu urbain que rural, et les agriculteurs. «Elle sera diffusée sur les télévisions nationales et les réseaux sociaux avec l’ultime objectif de renforcer la prise de conscience de la société marocaine pour mieux réussir ce challenge collectif face à la pénurie de cette ressource vitale», expliquait-il.