GARE AU LAISSER-ALLER !

CONFINEMENT OU DÉCONFINEMENT

Que l’on décide de prolonger le confinement, ou d’installer un déconfinement progressif, l’important est de faire respecter les consignes sanitaires.

À 7 jours de la fin de la deuxième phase du confinement, beaucoup de nos concitoyens résistent moins à l’envie de sortir et de se rassembler à l’extérieur. Au coin de la rue, en bas de l’immeuble, dans les souks… le relâchement est presque général. Face à ce relâchement, on relève un laisser-aller des forces de l’ordre et des autorités locales. La preuve tangible et implacable est rapportée par les reportages en direct des chaînes de télévision publiques au quotidien.

Des gros plans qui montrent, dans des marchés populaires, des rassemblements qui ne respectent pas la distanciation sociale requise. Ces mêmes gros plans attestent aussi de l’absence des autorités et forces de l’ordre dont la mission est de rappeler les contrevenants à l’ordre. Sinon, pourquoi a-t-on adopté un décret loi relatif à l’état d’urgence sanitaire et aux dispositions répressives inhérentes à son non-respect s’il n’y pas une autorité qui veille à le faire respecter?

Prenons-en un autre exemple éloquent. Un communiqué du ministère de l’Intérieur nous apprend que le chef de l’annexe administrative de Aïin Chock a été suspendu de ses fonctions pour «non-intervention» pour faire appliquer les mesures de l’état d’urgence sanitaire. Qu’a-t-il fait? Et après quoi? «Suite à la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux montrant un attroupement de personnes, ce mardi 12 mai 2020, au niveau du quartier «Derb Al-Kheir», rue 15, relevant de la Préfecture d’Arrondissement Ain Chock, dans des conditions qui constituent une violation flagrante des mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, sans aucune intervention des représentants des autorités locales chargées de faire respecter les mesures qu’exige la préservation de l’ordre général sanitaire, à la lumière de l’urgence sanitaire déclarée, il a été décidé de suspendre le chef de l’annexe administrative Aïn Chock, en attendant les résultats de l’enquête administrative diligentée pour déterminer les responsabilités et prendre les mesures disciplinaires et administratives nécessaires », lit-on dans le communiqué.

De prime abord, le ministère s’est étayé, pour prendre cette décision, sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrant un cortège impressionnant accompagnant un défunt à sa dernière demeure, et non pas sur les remontées d’information des forces de l’ordre et des autorités. A moins que sur les 4 ou 5 km séparant la maison du défunt et le cimetière où il a été inhumé, aucune patrouille de police ou des éléments de l’autorité locale n’aient aperçu le chaos qui a marqué cette procession et qui s’est poursuivi par l’organisation d’une prière mortuairequi a réuni des centaines d’individus.

Mesures drastiques
C’est dire que le laisser-aller ne date pas d’hier. Il a été constaté à la veille du mois de Ramadan. Et les appels au rappel à l’ordre n’ont pas trouvé d’écho. C’est bien beau de sévir après coup, mais cela ne sert pas de leçon à ceux qui ont enfreint la loi. Et puis, le mal est déjà fait, si contamination il y a eu. Il ne faut pas que le remède soit pire que le mal. L’enseignement à tirer de cet état des faits, c’est qu’au vu de la situation épidémiologique actuelle, marquée notamment par un taux de létalité (nombre de décès) quasiment au point mort, et une stabilisation des cas contaminés, que l’on décide de prolonger pour quelques jours encore le confinement, ou d’installer un déconfinement progressif, l’important est de faire respecter les consignes sanitaires et de distanciation sociale par des mesures drastiques.

Mieux vaut un déconfinement graduel avec obligation de porter le masque et de garder une distance physique avec les autres dans les lieux publics qu’un confinement prolongé combiné à un relâchement à même de basculer d’un moment à un autre la donne et de remettre le compteur à zéro.

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