Sabots et horodateurs: la galère des automobilistes reprend de plus belle

Après plus de trois mois d’arrêt, suite à l’état d’urgence sanitaire décrété au Maroc, les sabots de Denver et les horodateurs reviennent en force. Détestée par les automobilistes, cette disposition de stationnement qui divise, s’est également déconfinée, au plus grand malheur des Marocains.

On en avait presque oublié l’existence! Les sabots de Denver et les horodateurs, hors service en période de confinement, refont surface à Casablanca et à Tanger. Pour les automobilistes des deux villes, le fait de revoir leurs voitures immobilisées pour un ticket de parking est juste scandaleux.

Cette méthode de stationnement n’est pas nouvelle au Maroc, pourtant, elle n’a jamais été tolérée par les citoyens. Jugée illégale puis interdite à Marrakech et à Rabat, la pose de sabots de Denver reste toujours opérationnelle à Casablanca et à Tanger, attisant toujours autant la colère et la rage des habitants.

La lutte continue
Pour les Casablancais, le combat pour supprimer les sabots est mis de côté, les automobilistes se sont habitués aux horodateurs et ne ripostent que rarement. Les Tangérois, quant à eux, ne baissent pas les bras. Excédés, ils répondent par la mobilisation en groupe de résistance et de veille pour mettre fin à cette disposition, jugée illégale par la Cour des Comptes en août 2018. En effet, dans son rapport annuel au titre des années 2016 et 2017, la Cour a fait savoir que la pose du sabot ainsi que l’application d’une amende pour l’enlever sont des pratiques illégales.

À travers les réseaux sociaux, et spécialement par le biais du groupe Facebook “Boycott Sabot Tanger”, les Tangérois étendent leur lutte pour faire respecter la loi par eux-mêmes. 44.000 membres du groupe s’organisent pour faire sauter les pinces enserrant les roues des voitures à l’aide de clés artisanales. Le but? Ne pas permettre à la société de gestion déléguée des parkings, Somagec, d’immobiliser leurs voitures.

“Notre lutte dure depuis 2017. Entre procès, bras-de-fer et protestation, les Tangérois attendent toujours la suppression de ces sabots de Denver qui sont illégaux de par la loi”, nous explique un membre actif du groupe. Le combat des Tangérois est sur le point de porter son fruit. En marge d’une affaire impliquant les Tangérois et Somagec, le tribunal a jugé illégale l’immobilisation des véhicules à l’aide d’un sabot pratiquée par la société gestionnaire des horodateurs dans la ville du détroit. Un jugement qui attend sa confirmation en appel, retardée à cause du confinement.

Faute de décision finale, Somagec a repris la pose des sabots dès la levée du confinement. De leur côté, les Tangérois ne lâchent rien, ils sont solidaires pour protéger leurs droits et “ne s’arrêteront pas avant la suppression de cette pratique de leur ville”, nous confirme un membre de Boycott Sabot Tanger.


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