Futur gouvernement: l'USFP contre la participation du PAM?

Si l’on en croit un éditorial du journal officiel du parti de la rose, la formation de Abdellatif Ouahbi n’aurait aucunement sa place dans la nouvelle majorité.

L’Union socialiste des forces populaires (USFP) en veut toujours, à l’évidence, au Parti authenticité et modernité (PAM) d’avoir fait copain-copain avec le Parti de la justice et du développement (PJD) dans les mois ayant précédé les législatives du 8 septembre 2021.

Au point d’opposer son véto à la participation du parti du tracteur au gouvernement que le roi Mohammed VI a chargé le président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, de former le 10 septembre 2021? C’est en effet l’impression que laisse l’éditorial dont vient de se fendre ce 16 septembre 2021 le quotidien de l’USFP, à savoir Al-Ittihad Al-Ichtiraki, qui, sans le nommer une seule fois, vise clairement le PAM et estime qu’il faudrait que celui-ci soit mis de côté des consultations.

“La nouvelle alternance ne peut être “meublée” avec des mécanismes anciens, au sujet desquels les Marocains se sont prononcés,” a-t-il argué. Référence était aussi faite, là, au recul qu’a connu, au cours de l’élection, le PAM, qui devra désormais compter sur quinze sièges de moins par rapport à la précédente législature, dans la mesure où le nombre de ses députés n’est plus que de 87, contre 102 avant.

Convergence des visions
Ce que l’USFP considère comme étant une sanction non seulement contre ledit parti, mais aussi à l’envers du duopole selon lui “artificiel” que celui-ci avait, à un moment, aspiré à constituer avec le PJD, le PAM représentant les modernistes tandis que la formation islamiste accaparerait le camp conservateur. Par la voix du député Mustapha Baitas, le RNI a réagi le jour même en coupant la poire en deux lors de sa participation à l’émission “Noqta Ila as-Satr” sur la radio nationale.

S’il a notamment renvoyé à l’alliance constituée avec l’USFP et par ailleurs aussi le Mouvement populaire (MP) et l’Union constitutionnelle (UC) et qui avait mené de front les tractations avec le PJD pour la formation du gouvernement issu des législatives du 7 octobre 2016, il a également parlé de “convergence des visions et des perceptions” avec le PAM.

D’un autre côté, le secrétaire général du PAM, Abdellatif Ouahbi, avait parlé de “signes positifs” envoyés par M. Akhannouch au moment du premier round de consultations qu’ils avaient eues le 13 septembre 2021 dans la capitale, Rabat, l’amenant même à convoquer ce 17 septembre 2021 le conseil national de son parti. Tout comme le premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, avait, au contraire, défendu par le biais d’un livre publié à la veille du scrutin de 2016 une “troisième alternance” qui regrouperait, outre les autres partis de gauche,…. le PAM.

Ce qui fait qu’il faudrait sans doute voir, d’abord, dans l’éditorial d’Al-Ittihad Al-Ichtiraki une éventuelle manoeuvre politicienne visant à éviter à l’USFP de se retrouver marginalisé et même, peut-être, out du gouvernement Akhannouch. M. Akhannouch semble en tout cas encore avoir bien du pain sur la planche...