QUAND LE FUTUR LE CÈDE À L'INCERTAIN

DES MESURES INSUFFISANTES POUR INSUFFLER UNE RELANCE QUI SE FAIT ATTENDRE.

Le virus est plus que jamais parmi nous. Il circule de plus belle. Nous nous trouvons, décidément, en troisième phase de l’épidémie. Et la situation risque de s’aggraver lorsqu’il y aura co-circulation du virus SARS-CoV-2 et du virus grippal. C’est une phase très critique. Non seulement pour les capacités de la Santé publique, qui risquent d’être saturées et débordées, mais aussi pour notre économie, qui peine à trouver un semblant de redémarrage .

Une phase critique pendant laquelle l’objectif principal n’est plus seulement de contenir la propagation, mais de limiter les dégâts aussi bien sur le plan sanitaire, notamment en évitant au maximum les décès, que sur le plan économique, en limitant les faillites d’entreprises et l’augmentation du nombre de chômeurs. L’heure est grave non seulement pour le secteur privé, pour qui les actions du gouvernement pour insuffler une relance se font attendre mais aussi pour tous ces salariés qui sont menacés d’arrêt du travail ou de licenciements .

En effet, lors de l’ouverture du Conseil National de l’Entreprise, tenu récemment, le président de la CGEM a prononcé un discours sans détour où il explique clairement que «l’action du gouvernement n’est pas à la hauteur du contexte, ou du moins elle ne l’est plus comme avant». Plus que jamais les opérateurs économiques sont dans l’expectative. Tout en rappelant l’ensemble des mesures prises depuis le début de la crise jusqu’à présent, le président de la CGEM estime qu’elles «restent insuffisantes pour une relance effective surtout dans les secteurs les plus impactés». Insuffisance due en grande partie au fait que l’incertitude qui règne partout dans le monde, et surtout le manque de vision du futur, n’aident pas les décideurs publics à prendre des mesures autres que celles qui doivent parer au plus urgent. Mesures qui ont atteint leurs limites. Sauf à continuer à s’endetter. Or, cette dette va finir par obérer la croissance.

Mais ce qui est plus grave, c’est que cette fuite en avant par l’endettement risque d’hypothéquer le futur. La pandémie n’étant pas près de disparaître dans les mois à venir. La phase d’incertitude économique n’est pas encore finie. Et au même moment où on est dans un déni des problèmes, on n’a pas trouvé les ressorts de la croissance. Du moins, pas du côté de la demande. On reproche trop à la crise du coronavirus.

Or, le Covid-19 n’est qu’un accélérateur d’une tendance déjà à l’oeuvre. Il y aura d’autres justificatifs au recours à l’endettement. Le problème de fond chez nous, comme dans presque tous les pays du monde, c’est que la demande des entreprises et des ménages ne suffit plus à faire tourner la machine économique. Pour certains observateurs avertis, l’explication résiderait dans la concentration des revenus dans de moins en moins de mains, celles des gens qui n’ont pas le temps physiquement de le dépenser, alors que des masses de gens dont la productivité est faible voient leur salaire stagner.


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