Futsal: Les lions de Dguig tombent sur le champ d'honneur

L’équipe du Maroc n’aura pas pu éliminer le Brésil et poursuivre son impressionnant parcours au sommet du futsal mondial. Mais l’essentiel est bien ailleurs, et il faut bien rendre hommage à l’esprit d’équipe dont ont su faire montre les joueurs marocains tout au long de la compétition.

Au cours de ses deux dernières participations à la Coupe du monde, l’équipe du Maroc de futsal n’avait fait qu’accumuler les défaites, en enregistrant six en six matchs. C’est dire l’exploit qu’elle vient de réaliser en ce mois de septembre 2021 en Lituanie, en n’étant éliminée, pour sa troisième participation à la reine des compétitions mondiales, qu’aux quarts de finale. Défaits sur la plus petite des marges (0-1) par le quintuple champion du monde brésilien, les Lions de l’Atlas peuvent ainsi se prévaloir d’avoir porté haut le drapeau national.

Certes, il était évident qu’individuellement, les joueurs marocains n’avaient pas la même qualité technique que leurs pairs sud-américains, dont le vivier est tellement important que quasiment toutes les autres grandes équipes mondiales comptent chacune au moins un “auriverde” (or et vert, couleurs du drapeau brésilien) dans leur effectif. Mais collectivement parlant, ils n’en sont pas moins arrivés à leur tenir la dragée haute, parvenant notamment à s’accaparer 56% de la possession de balle. Ce qui n’était pas une mince affaire. L’homme clé de la défense, à savoir Soufiane Borite, a notamment réussi à éteindre le pivot Ferrão, considéré pourtant comme le meilleur joueur du monde.

Organisation tactique
De même que derrière lui, le gardien de but Reda Khiyari a su détourner une grande partie des trente-cinq tirs qu’il a eu à essuyer au cours des quarante minutes de la partie, le Brésil s’appuyant principalement sur les frappes à distance de ses joueurs et inscrivant d’ailleurs son seul but sur un coup franc tiré par son capitaine Rodrigo (11e minute de jeu). Aux avant-postes, la doublette Soufiane El Mesrar-Bilal Bakkali, championne de France 2021 dans les rangs de l’ACCS Futsal Club, a aussi su tirer son épingle du jeu, moins dans l’animation offensive, dans laquelle elle n’a pas pu autant s’exprimer que lors des précédents matchs, que dans l’organisation tactique, faisant montre d’un grand dévouement.

Mais on pourrait en dire autant aussi du Maroco-Espagnol Anás El-Ayyane ou encore des remplaçants Youssef Jouade (auteur d’un tir sur le poteau droit du gardien brésilien Guitta à la 7ème minute), Achraf Saoud et Ismail Amazal. C’était, pour ainsi dire, une véritable équipe qui s’est battue tout au long de la compétition, et ici il faut particulièrement saluer le rôle clé joué par le sélectionneur Hicham Dguig.

Au poste depuis onze ans déjà et bien aidé, de son propre aveu, par les moyens importants mis à sa disposition par le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaâ -qui lui a notamment donné son premier salaire-, M. Dguig a prouvé que les victoires de ses poulains aux dernières éditions de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) et du Championnat arabe des nations n’avaient pas été des feux de paille, loin s’en faut. Au vu du progrès effectué au cours des cinq dernières années, on se dit qu’il y a éventuellement bien moyen de faire mieux à la prochaine édition de la Coupe du monde.