Fuite des médecins : la déclaration détachée de Khalid Aït Taleb

Alors que la pénurie des médecins se fait de plus en plus sentir au Maroc, Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé sort avec une déclaration dénuée de tout sens d’implication: “Les praticiens choisissent les meilleures conditions offertes par l’étranger”, se contente-t-il de constater.

Le ministre de la Santé a déclaré le mardi 23 juin, lors de son passage à la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des conseillers, que 14.000 médecins marocains exercent hors du Maroc, dont 6.000 rien qu’en France. Un constat déplorable quand on sait qu’avec moins de 25.000 médecins, notre pays affiche un ratio d’à peine 7,2 médecins pour 10.000 habitants alors que l’OMS recommande un minimum de 23 médecins pour le même nombre d’habitants.

Avec un ton neutre, Khalid Aït Taleb s’est félicité que le Maroc compte “de grandes compétences à l’étranger”, citant Moncef Slaoui, le virologue marocain désigné par Donald Trump pour le développement d’un vaccin contre le coronavirus. “Il est difficile de convaincre ces compétences de retourner au Maroc pour y exercer”, a ajouté le ministre, expliquant que le gouvernement marocain ne peut pas garantir aux praticiens des conditions financières et professionnelles similaires à celles qu’ils trouvent à l’étranger.

Au comble de l’exaspération
Une déclaration qui extrait la responsabilité du ministère de tutelle concernant la fuite de nos médecins. Le Maroc ne mérite- t-il pas de profiter de ces compétences au lieu de les regarder partir passivement? Apparemment, le ministre n’y peut rien. Ceci dit, les problèmes dans le secteur de la Santé continuent: étudiants exaspérés, médecins du secteur public en colère; le fossé se creuse de plus en plus entre les professionnels et leurs autorités de tutelle, et le bout du tunnel semble loin.

Futurs médecins, et médecins praticiens, tous deux dénoncent des conditions de travail et de financement déplorables. Rémunérations insignifiantes, retard des bourses, manque d’équipements dans les hôpitaux, un programme de garde défaillant… La Santé publique saigne sous le regard indifférent des responsables. Si les choses continuent à tourner de cette façon, il n’est pas étonnant de voir nos médecins et futurs médecins postuler à l’étranger pour assurer un avenir équilibré.

Accentuer la pénurie
Dans ce qui semble être une tentative de réconciliation, un accord a été signé entre les étudiants en médecine et leurs autorités de tutelle, le 28 août 2019. Le ministère de la Santé, et celui de l’Enseignement supérieur se sont engagés à répondre aux doléances des futurs médecins, qui souhaitent travailler et étudier dans des conditions dignes du métier qu’ils pratiquent. Après huit mois de la signature de l’engagement, et en pleine crise sanitaire du Covid- 19, les futurs médecins reviennent pour rappeler l’Etat à ses engagements.

“Avec le manque de sérieux et de considération réservés au médecins, moi et mes camarades pensons sérieusement à quitter le Maroc. Nous avons choisi des études difficiles, et un domaine noble pour avoir le soutien et le respect qui vont avec, en l’absence des conditions favorables du travail, nous perdons vraiment espoir”, déclare un étudiant en 7e année de médecine.

Présents dans les hôpitaux de périphéries, à tous les niveaux, de l’intervention médicale au service Allo Samu 141 et aux urgences, les étudiants ont été ignorés par le gouvernement. Retard dans le paiement des bourses, privatisation de la formation en médecine… les futurs médecins n’en peuvent plus et espèrent trouver une solution dans leur pays au lieu de choisir l’émigration.

Questions à : Dr El Mountadar Alaoui

Pourquoi les médecins diplômés au Maroc préfèrent partir-ils à l’étranger? Beaucoup de médecins préfèrent partir à

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1 commentaire

  • Mansour Essaïh

    27 Juin 2020

    Nous avons donc un manque en médecins de 68.7%. Importons-les, momentanément, de Cuba et posons, en même temps, le problème de détournement des cadres des nations en développement et même sous-développées à l'UNESCO, à l'ONU, au Haut Commissariat de Droits de l'Homme (HCDH). xxxxxxxxxxxxxxxx Pourquoi le HCDH ? Parce que, priver des nations de leurs médecins est un vol et crime contre l'Humanité.

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