La France ne veut plus de prêcheurs de l'islam modéré

MACRON ANNONCE LA FIN PROGRESSIVE DU SYSTÈME DES "IMAMS DÉTACHÉS"

Apparemment, le chef de l’Etat français surfe sur la vague des sempiternels dossiers de «l’islam de France» pour détourner l’attention sur les manifestations contre la réforme des retraites et l’enlisement du pouvoir d’achat. Cette fois, c’est à Mulhouse, le 18 février 2020, qu’Emmanuel Macron a donné des instructions dans le sens d’un contrôle renforcé des financements des lieux de culte en provenance de l’étranger.

Il a déclaré la fin progressive du système des «Imams détachés» en provenance du Maroc, de l’Algérie et de la Turquie. «Notre ennemi est le séparatisme », mais «un plan contre l’islam serait une faute profonde», a précisé le chef de l’État français. Ce n’est pas tout. «À partir de la rentrée de septembre 2020, les enseignements en langue et culture d’origine étrangère (Elco, NDLR) seront partout supprimés sur le sol de la République… Le problème que nous avons aujourd’hui avec ce dispositif, c’est (...) que nous avons de plus en plus d’enseignants sur lesquels l’Éducation nationale n’a aucun regard», a annoncé Emmanuel Macron.

L’information a été confirmée, le lendemain par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Selon ce dernier, pour 2.500 lieux de culte, 301 imams sont payés par des pays étrangers pour exercer sur le sol français. Leur venue est encadrée par des accords bilatéraux entre la France et ces États, au nombre de trois: la Turquie (151 imams, dont environ 65% de fonctionnaires turcs), l’Algérie (120 imams) et le Maroc (30). Outre cette mesure, Emmanuel Macron a annoncé au cours de son discours qu’il serait mis un terme à l’accueil des quelque 300 «psalmodieurs» reçus chaque année durant la période du Ramadan.

La fin des psalmodieurs
Dans le même temps, l’ancienne ministre de l’Éducation nationale sous François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem, s’est offusquée sur Twitter de cette annonce. «Écouter sa radio et tomber de sa chaise. Entendre le chef de l’Etat annoncer une fois de plus le «lancement inédit d’une démarche » visant cette fois ci à remplacer les Enseignements en langue et culture d’origine par des Enseignements internationaux de langues étrangères», a-t-elle dénoncé.

En tout état de cause, cette décision remet en cause la crédibilité de la politique marocaine de diffuser un islam modéré en France et ailleurs en Europe, à travers notamment le détachement d’Imams et de psalmodieurs pendant Ramadan. Ainsi donc, le France ne veut plus de ce système qui échappe au contrôle de l’Etat. Une leçon qui devrait servir à tous ceux qui défendent le système de Mission française au Maroc, qui, lui aussi, échappe à tout contrôle du ministère de l’Éducation marocain.


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